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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

mercredi 26 août 2026

Date de naissance de la Pucelle d'après Hauviette de Syonne et Simon Musnier

J’ai décidé de continuer à étudier le site jeannedomremy.fr à travers une analyse critique d’un autre article, intitulé Quand et où Jeanne d'Arc est-elle née ? La date de naissance de Jeanne d'Arc - Etat des recherches historiques. Cette analyse fait l’objet de plusieurs publications successives.

Les autres articles s'intitulent :

Dans cette publication, nous allons examiner ce que notre auteur présente comme une preuve d’une naissance de Jeanne entre mai 1407 et mai 1408. Cette preuve serait tirée du procès en réhabilitation de Jeanne (1456).

Date de naissance de la Pucelle d'après Hauviette de Syonne et Simon Musnier

Témoignages d’Hauviette de Syonne et de Simon Musnier :

Notre auteur invoque ensuite le témoignage d’Hauviette de Syna — ou Syonne — au procès de réhabilitation :

« Une autre preuve de la véritable année de naissance est fournie par le témoignage de Hauviette de Syna — ou Syonne — au procès de réhabilitation. Elle affirme que Jeanne était plus âgée qu’elle de trois ou quatre ans. Hauviette dépose le 29 janvier 1456. Elle avait alors quarante-cinq ans, et Jeanne était son aînée de trois ou quatre ans. Une date de naissance de la Pucelle ressort donc au début des années 1407 ou 1408.

Le témoignage d’Hauviette est recoupé par celui de Simon Musnier, également entendu comme témoin au procès de réhabilitation, qui a évoqué certains détails de la jeunesse de Jeanne et a notamment déclaré : “Elle était bonne et consolait les malades. Quand j’étais petit, je ne me portais pas bien et elle venait me soigner et me réconforter”. Simon Musnier était né en 1411, comme Hauviette, et son témoignage donne à penser que Jeanne était plus âgée que lui. Si Jeanne, née en 1407, avait quatre ans de plus que son petit camarade Simon, son comportement est plus vraisemblable que si elle avait eu un an de moins que lui. »

Commentaires :

Pris isolément, le témoignage d’Hauviette pourrait effectivement orienter vers une naissance de Jeanne autour de 1407-1408. Si Hauviette avait environ quarante-cinq ans en 1456, elle serait née vers 1410-1411 ; et si Jeanne avait trois ou quatre ans de plus qu’elle, la naissance de cette dernière pourrait être située quelques années auparavant.

Mais encore faudrait-il citer la déposition dans son intégralité. Hauviette ne déclare pas simplement que Jeanne était son aînée de trois ou quatre ans. Le texte précise qu’elle l’était « à ce qu’on disait » ("ipsa Johanna erat antiquior ipsa teste, prout dicebatur, de tribus aut quatuor annis"). Cette réserve n’est pas un détail négligeable : elle modifie profondément la nature de l’information. Hauviette ne certifie pas un écart d’âge qu’elle aurait personnellement connu ; elle rapporte ce qui se disait à ce sujet.

En supprimant ces quelques mots, notre auteur transforme une information rapportée en affirmation directe. Qu’elle soit volontaire ou héritée d’une citation fautive, cette omission renforce artificiellement le témoignage et lui confère une certitude qu’il ne possède pas.

La prétendue « preuve » repose ainsi non sur deux, mais sur trois approximations successives : l’âge d’Hauviette, donné à quelques années près ; l’écart de « trois ou quatre ans » ; enfin, le caractère indirect de cette estimation, connue seulement « à ce qu’on disait ». Trois incertitudes empilées ne produisent pas miraculeusement une année de naissance certaine.

Le témoignage peut conserver une valeur indicative : il existait manifestement une tradition selon laquelle Jeanne était plus âgée qu’Hauviette. Mais il est abusif d’y voir la « preuve de la véritable année de naissance ». Le texte fournit tout au plus une estimation fragile, non une donnée d’état civil.

L’utilisation du témoignage de Simon Musnier est encore plus contestable. Simon rapporte seulement que Jeanne venait le soigner et le réconforter lorsqu’il était petit et malade. Ce souvenir témoigne de la bonté de Jeanne et de la relation qui les unissait ; il ne fournit aucun écart d’âge.

Notre auteur introduit alors sa propre mise en scène : Jeanne aurait dû avoir quatre ans de plus que Simon pour se comporter ainsi. Mais cette prétendue vraisemblance ne repose sur rien. Une adolescente, une enfant du même âge ou même légèrement plus jeune pouvait parfaitement rendre visite à un camarade malade et le consoler, particulièrement dans une petite communauté villageoise où les familles se côtoyaient quotidiennement.

Le procédé est révélateur : Simon ne donne aucun âge, mais notre auteur lui en prête un ; il ne mentionne aucun écart, mais notre auteur en imagine un ; puis cette construction est présentée comme un « recoupement ». Or Simon ne confirme ni les trois ou quatre années évoquées par Hauviette, ni une naissance en 1407. Les deux témoignages convergent éventuellement sur la bienveillance de Jeanne, pas sur sa chronologie.

Conclusion

Le témoignage d’Hauviette de Syonne constitue un indice en faveur d’une Jeanne réputée plus âgée qu’elle. Mais cet indice est doublement approximatif et, surtout, explicitement indirect : l’écart de trois ou quatre ans n’était connu que « à ce qu’on disait ». Il ne peut donc être élevé au rang de preuve décisive d’une naissance en 1407-1408.

Quant au témoignage de Simon Musnier, il n’apporte aucun renseignement chronologique exploitable. Il atteste seulement que Jeanne venait le soigner et le réconforter. Lui faire confirmer une naissance en 1407 revient à lui faire dire ce qu’il n’a jamais déclaré.

Notre auteur commence donc par amputer la déposition d’Hauviette de sa réserve essentielle, puis demande à Simon de confirmer une date dont il ne souffle mot. Trois mots retranchés, trois ou quatre années gagnées : le rendement est remarquable, mais ce n’est plus tout à fait de l’histoire.

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