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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

mardi 28 juillet 2026

Date de naissance de la Pucelle d'après Jean d’Aulon

J’ai décidé de continuer à étudier le site jeannedomremy.fr à travers une analyse critique d’un autre article, intitulé Quand et où Jeanne d'Arc est-elle née ? La date de naissance de Jeanne d'Arc - Etat des recherches historiques. Cette analyse fait l’objet de plusieurs publications successives.

Les autres articles s'intitulent :

Dans cette publication, nous allons examiner ce que notre auteur présente comme l'erreur volontaire d’une naissance de Jeanne en 1413, qui aurait été commise par Jean d'Aulon pour défendre la cause du roi en cachant tout ce qui pouvait rattacher la Pucelle à la famille royale.

Date de naissance de la Pucelle d'après Jean d’Aulon

Le témoignage oral de Jean d’Aulon :

Notre auteur invoque le témoignage de Jean d’Aulon au procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc en 1456 :

« Jean d’Aulon donne la date de 1413 pour la naissance de la Pucelle.

Ce dernier faisait, en effet, partie du conseil du roi. À ce titre, il assista à l’enquête de Poitiers, recueillit avec ses collègues les déclarations de Jeanne, et eut certainement connaissance du rapport des Frères mineurs, envoyés entre-temps à Domrémy et à Vaucouleurs pour y prendre des renseignements sur la Pucelle. De plus, il demeura l’écuyer de Jeanne depuis son départ pour Orléans jusqu’à sa capture à Compiègne, où il fut fait prisonnier avec elle. Pendant les treize mois de sa rude chevauchée, il ne la quitta pas d’un jour, vécut à ses côtés, entendit ses confidences et la connut mieux que nul autre. Si quelqu’un peut avoir connu exactement l’âge qu’avait Jeanne au moment de l’enquête de Poitiers, il semble bien que ce soit lui.

Ce témoignage, qui émane d’un chambellan de Charles VII, ne peut pas être retenu, car il outrepasse la date de 1412, déjà trop lointaine pour être prise au sérieux.

Le témoignage de Jean d’Aulon, pour extravagant qu’il soit, ressemble à un faux témoignage pour la bonne cause. Compte tenu de la proximité de ce personnage avec Charles VII et les milieux diplomatiques, nous considérons que ce dernier pouvait difficilement se tromper, à moins de se tromper sciemment pour défendre la cause du roi, en cachant tout ce qui pouvait rattacher la Pucelle à la famille royale. »

Commentaires :

Le raisonnement de notre auteur atteint ici un degré remarquable de contradiction. Il commence par présenter Jean d’Aulon comme l’homme le mieux placé pour connaître Jeanne, rappelle qu’il l’accompagna durant treize mois et souligne la proximité exceptionnelle qui les unissait. Puis, constatant que son témoignage ne sert pas la chronologie qu’il souhaite imposer, il le rejette comme « extravagant » et va jusqu’à suggérer un mensonge délibéré.

La méthode est pour le moins commode : Jean d’Aulon aurait été un témoin de premier ordre s’il avait confirmé la thèse de notre auteur ; mais comme il la contrarie, il devient suspect de faux témoignage.

Encore faudrait-il lire correctement sa déposition. Jean d’Aulon ne donne aucune date de naissance. Il ne déclare pas que Jeanne était née en 1413. Il indique seulement qu’elle « paraissait âgée de seize ans environ » lorsqu’elle fut présentée au conseil du roi.

Le contexte est clair. Après un entretien privé entre Jeanne et Charles VII, le roi réunit son conseil, auquel Jean d’Aulon participa. Il expliqua que la jeune fille se disait envoyée par Dieu pour l’aider à recouvrer son royaume. Le conseil décida alors qu’elle serait interrogée sur des questions touchant à la foi. C’est à ce moment que le témoin précise qu’elle paraissait avoir environ seize ans.

L’expression décisive est donc « paraissait âgée ». Elle désigne une impression, non une information administrative ; une estimation d’apparence, non une date de naissance certifiée. Jean d’Aulon ne prétend nullement avoir consulté un registre paroissial, ni recueilli de Jeanne une déclaration exacte sur son âge.

Si elle paraissait avoir environ seize ans au début de 1429, cette estimation oriente naturellement vers une naissance autour de 1412-1413. Loin d’être « extravagante », elle est parfaitement compatible avec la date traditionnelle de 1412, surtout si l’on tient compte de la marge exprimée par le mot « environ ».

Le rejet de ce témoignage est donc manifestement arbitraire. Notre auteur célèbre d’abord la compétence du témoin, puis refuse sa parole au seul motif qu’elle ne correspond pas à une naissance vers 1407. Il ne juge pas la source en fonction de ce qu’elle dit ; il la juge en fonction de son utilité pour la thèse qu’il défend.

L’accusation de « faux témoignage pour la bonne cause » est encore plus fragile. Elle ne repose sur aucun élément du texte, aucun document parallèle, aucune contradiction démontrée. Elle constitue une hypothèse de secours inventée pour neutraliser un témoignage gênant. Lorsque la source résiste, notre auteur ne révise pas sa thèse : il accuse la source de dissimulation.

Conclusion

Le témoignage de Jean d’Aulon ne fixe pas avec certitude la naissance de Jeanne en 1412 ou 1413. Il fournit cependant un indice sérieux : lors de son arrivée auprès du roi, elle donnait l’apparence d’une jeune fille d’environ seize ans.

Ce témoignage doit donc être versé au dossier et apprécié pour ce qu’il est : une estimation crédible émanant d’un homme qui connaissait Jeanne de très près.

Le balayer au moyen d’une accusation de mensonge politique, sans la moindre preuve, ne relève pas de la critique historique, mais d’un réflexe défensif destiné à sauver une chronologie préétablie.

À ce stade, ce n’est plus le témoignage de Jean d’Aulon qui paraît extravagant, mais bien la manière dont notre auteur s’efforce de le faire taire.

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