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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

mercredi 15 juillet 2026

Date de naissance de la Pucelle d'après Paul Émile de Vérone

J’ai décidé de continuer à étudier le site jeannedomremy.fr à travers une analyse critique d’un autre article, intitulé Quand et où Jeanne d'Arc est-elle née ? La date de naissance de Jeanne d'Arc - Etat des recherches historiques. Cette analyse fait l’objet de plusieurs publications successives. Les articles précédents s'intitulent :

Dans cette publication, nous allons examiner ce que notre auteur présente comme la preuve d’une naissance de Jeanne en 1407.


Témoignage littéraire de Paul Émile de Vérone

Notre auteur invoque le témoignage de Paolo Coimi, plus connu sous le nom de Paolo Emili (ou Paul Émile de Vérone, en latin Paulus Æmilius Veronensis), humaniste et historien italien né vers 1455-1460 à Vérone et mort à Paris en 1529 :

« Paul Émile est un humaniste italien, orateur et historiographe, auteur d’une histoire de France en latin rédigée suivant les normes de l’humanisme. Son ouvrage fut considéré comme le premier, en France, relevant de l’historiographie de l’époque moderne : esprit critique, discussion des sources, sens du vraisemblable, grande réserve vis-à-vis des légendes traditionnelles ou du merveilleux. Voilà un personnage qui donne confiance à l’historien. L’auteur du De rebus gestis Francorum, paru en 1539, parle de Jeanne comme d’une jeune fille issue de la frontière de Lorraine, âgée de vingt-deux ans environ. Cet auteur fixe donc la naissance de la Pucelle en 1407. L’arrivée de Jeanne à Chinon ayant lieu le 25 février 1429, le calcul serait donc : 1429 - 22 = 1407. Voici un Italien installé à Paris, bien renseigné, qui donne la date que nous considérons comme la plus plausible ».

Commentaires :

L’argument repose ici sur une erreur de traduction décisive. L’extrait latin invoqué, tiré du De rebus gestis Francorum, libri X publié en 1539, est le suivant :

« Johana lotaringa puelle duodeviginti circiter annos nata, sub patre oves pascere solita, ad regen ducitur, praedicans se mente divinitus admonita venire ».

Ce passage doit se traduire ainsi :

« Jeanne la Lorraine, pucelle née depuis environ dix-huit ans, accoutumée à faire paître les brebis sous l’autorité de son père, est conduite au roi, déclarant qu’elle venait, avertie en son esprit par Dieu ».

Le point essentiel porte sur l’expression duodeviginti circiter annos nata. En latin, duodeviginti ne signifie pas « vingt-deux » mais « dix-huit ». Le mot est formé de duo de viginti, c’est-à-dire « deux de moins que vingt ». Il équivaut donc à 18. Pour dire « vingt-deux », le latin aurait employé une forme comme viginti duo ou duo et viginti.

La traduction française de Jean Renart, gentilhomme angevin, publiée en 1581, confirme d’ailleurs cette lecture : « on amena en France une jeune fille de Lorraine aagée d’environ 18 ans ». Il ne s’agit donc pas d’une simple nuance d’interprétation, mais d’une erreur de compréhension du latin.

Dès lors, le calcul proposé par notre auteur s’effondre. Paolo Emili ne dit pas que Jeanne avait environ vingt-deux ans lors de son arrivée à Chinon, mais environ dix-huit ans. Si l’on retient cette indication et que l’on place l’arrivée de Jeanne à Chinon au début de 1429, on aboutit non pas à une naissance vers 1407, mais plutôt vers 1410-1411 selon la manière de compter l’âge révolu ou l’année commencée.

Conclusion

Ainsi, loin d’appuyer l’hypothèse d’une naissance en 1407, le témoignage de Paolo Emili va plutôt dans le sens d’une naissance plus tardive, proche de la date traditionnellement admise. L’argument présenté par notre auteur repose donc sur une traduction fautive du terme duodeviginti et ne peut être retenu comme preuve.

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