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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

mercredi 30 septembre 2026

Date de naissance de la Pucelle d'après les 4 assesseurs ou témoins liés au procès en condamnation

J’ai décidé de continuer à étudier le site jeannedomremy.fr à travers une analyse critique d’un autre article, intitulé Quand et où Jeanne d'Arc est-elle née ? La date de naissance de Jeanne d'Arc - Etat des recherches historiques. Cette analyse fait l’objet de plusieurs publications successives.

Les autres articles s'intitulent :

Dans cette publication, nous allons examiner ce que notre auteur présente comme des témoignages non crédibles : ceux des 4 assesseurs ou témoins liés procès en condamnation.

Date de naissance de la Pucelle d'après les 4 assesseurs ou témoins liés au procès en condamnation

Les dépositions de quatre assesseurs ou témoins liés au procès de condamnation : Pierre Miget, Nicolas de Houppeville, Pierre Cusquel et Jean Riquier

Notre auteur rejette les dépositions de quatre assesseurs ou témoins liés au procès de condamnation de Jeanne : Pierre Miget, Nicolas de Houppeville, Pierre Cusquel et Jean Riquier.

Il écrit notamment :

« Le premier personnage n’est pas ce que l’on peut appeler un incorruptible. Miget est un confident de Cauchon, qui a dirigé le procès de la Pucelle en éludant habilement les éléments tangibles de son état civil. On ne peut rien attendre d’un tel personnage.

Le second est un personnage qui revient d’une aventure dans les prisons du roi d’Angleterre et qui n’a pas envie de renouveler l’expérience dans les prisons françaises. Il répond donc sagement au questionnaire du procès de réhabilitation.

Les deux autres sont des témoins qui n’ont en fait pas participé au procès et qui témoignent sur celui-ci.

Compte tenu des circonstances dans lesquelles le procès de réhabilitation s’est déroulé, nous rejetons ces témoignages, qui ne peuvent être considérés comme librement concédés, ou qui viennent de témoins qui n’en sont pas, ou encore d’un témoin dont la probité peut être mise en cause. De plus, ils contredisent des éléments officiels — les réponses de la Pucelle — que nous possédons du procès de Rouen et le témoignage d’Hauviette de Syna au procès de réhabilitation ».

Commentaires :

Le problème est ici moins la prudence critique que la manière dont elle est employée.

Examiner la position d’un témoin, ses intérêts, ses souvenirs ou les circonstances dans lesquelles il dépose est parfaitement légitime. En revanche, écarter plusieurs témoignages concordants sur la base de soupçons psychologiques, politiques ou moraux qui ne sont pas eux-mêmes démontrés est beaucoup plus fragile.

À lire notre auteur, Pierre Miget devrait être rejeté parce qu’il aurait été trop proche de Cauchon ; Nicolas de Houppeville parce qu’il aurait eu peur de retourner en prison ; Pierre Cusquel et Jean Riquier parce que leur participation au procès serait insuffisante. Mais aucun de ces arguments ne démontre que leur estimation de l’âge de Jeanne soit fausse.

Il s’agit essentiellement de disqualifier les témoins avant même d’examiner ce qu’ils disent.

Une indication officielle : « dix-neuf ans environ »

L’article 9 de l’interrogatoire du procès de réhabilitation décrit Jeanne comme une « jeune fille de dix-neuf ans environ, ignorante en droit, inapte à se défendre seule dans une cause si grave et difficile ».

Cette formulation ne constitue évidemment pas un acte de naissance. Mais elle donne une indication claire : au moment du procès de condamnation, Jeanne est présentée comme une jeune femme d’environ dix-neuf ans.

Quatre témoignages qui convergent

Les dépositions individuelles vont dans le même sens.

Pierre Miget déclare en 1452 que Jeanne avait vingt ans.

Nicolas de Houppeville précise, en 1456, qu’il ne connut Jeanne et sa famille qu’au moment du procès, mais qu’elle paraissait avoir vingt ans.

Pierre Cusquel indique en 1452 qu’elle avait environ vingt ans, puis, en 1456, qu’elle devait avoir presque vingt ans.

Jean Riquier déclare également en 1456 qu’elle avait environ vingt ans.

Pris séparément, aucun de ces témoignages ne permet de fixer une date de naissance précise. Pris ensemble, ils font cependant apparaître une convergence difficile à ignorer : Jeanne était perçue, au moment du procès de Rouen, comme une jeune femme d’environ dix-neuf ou vingt ans.

Rapportée à 1431, cette estimation oriente naturellement vers une naissance aux alentours de 1410-1412.

Des témoignages approximatifs, mais pas pour autant dépourvus de valeur

Il faut naturellement tenir compte de leurs limites.

Ces déclarations sont recueillies plus de vingt ans après les faits. Certaines reposent manifestement sur une estimation visuelle ou sur un souvenir général. Les termes mêmes utilisés — « environ », « paraissait », « presque » — montrent que les témoins ne prétendent pas fournir une donnée d’état civil exacte.

Mais cette approximation n’est pas un motif suffisant pour les éliminer.

Une estimation d’âge peut être imprécise de quelques années sans être dépourvue de toute valeur historique. Surtout, lorsque plusieurs témoignages différents convergent vers le même ordre de grandeur, leur accord devient lui-même un élément à prendre en considération.

Il n’est donc nullement nécessaire d’imaginer que ces hommes auraient menti, cédé à une pression ou participé à une falsification organisée. L’explication la plus simple est aussi la plus banale : ils donnent l’âge que Jeanne leur paraissait avoir, ou celui qu’ils avaient conservé en mémoire.

Des soupçons ne remplacent pas une réfutation

C’est ici que la méthode de notre auteur devient particulièrement contestable.

Dire de Miget qu’« on ne peut rien attendre d’un tel personnage » n’est pas une démonstration historique. C’est un jugement porté sur sa personne.

Affirmer que Houppeville répond « sagement » parce qu’il aurait peur des prisons françaises relève d’une reconstruction psychologique. Pour que cet argument ait une portée probante, il faudrait établir concrètement que sa réponse lui était imposée, qu’elle était attendue par les enquêteurs ou qu’une réponse différente l’aurait exposé à des représailles.

Or rien de tel n’est démontré dans le passage cité.

De même, le fait que la participation Cusquel ou Riquier au procès serait insuffisante ne suffit pas à rendre automatiquement fausse une estimation d’âge. La seule question pertinente est de savoir sur quoi reposait leur connaissance de Jeanne et quelle valeur précise peut être accordée à leur déclaration.

Autrement dit, il faudrait réfuter les témoignages. Notre auteur se contente surtout de suspecter les témoins.

Une asymétrie de méthode

Cette manière de procéder révèle surtout une asymétrie dans le traitement des sources.

Lorsque certains témoignages peuvent être interprétés dans le sens d’une naissance vers 1407-1408, leurs approximations sont tolérées, discutées ou accommodées. Lorsqu’ils orientent vers 1411-1412, les mêmes approximations deviennent soudain rédhibitoires et les témoins sont disqualifiés par leur caractère supposé, leurs intérêts présumés ou le contexte politique du procès.

Ce procédé pose un problème méthodologique évident.

Une source ne peut pas devenir crédible ou non crédible selon qu’elle confirme ou contrarie la chronologie que l’on cherche à défendre.

Si l’on considère qu’une estimation d’âge donnée vingt ans après les faits est trop fragile pour être probante, cette règle doit être appliquée à tous les témoignages de même nature.

Si, au contraire, on accepte d’utiliser ces estimations comme indices, alors il faut également prendre en compte celles de Miget, Houppeville, Cusquel et Riquier.

On ne peut pas changer de critère en fonction du résultat obtenu.

Conclusion

Les dépositions de Pierre Miget, Nicolas de Houppeville, Pierre Cusquel et Jean Riquier ne permettent évidemment pas de fixer avec certitude l’année de naissance de Jeanne. Elles n’en constituent pas moins un faisceau d’indices cohérents et convergents : plusieurs témoins la situent autour de dix-neuf ou vingt ans au moment du procès de Rouen.

Rapportée à 1431, cette estimation oriente naturellement vers une naissance autour de 1410-1412.

Pour écarter ces témoignages, il faudrait démontrer qu’ils sont matériellement inexacts, dépendants les uns des autres ou obtenus sous une contrainte identifiable. Les soupçons sur la moralité de Miget, la peur supposée de Houppeville ou le statut discuté de Cusquel et Riquier ne suffisent pas.

En définitive, la faiblesse de l’argumentation ne réside pas dans l’existence de témoignages approximatifs — ce qui est banal pour des souvenirs recueillis vingt ans après les faits — mais dans le fait de les déclarer recevables ou irrecevables selon qu’ils s’accordent ou non avec la chronologie que l’on souhaite défendre.