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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

mercredi 7 octobre 2026

Date de naissance de la Pucelle : synthèse et conclusion

J’ai décidé de continuer à étudier le site jeannedomremy.fr à travers une analyse critique d’un autre article, intitulé Quand et où Jeanne d'Arc est-elle née ? La date de naissance de Jeanne d'Arc - Etat des recherches historiques. Cette analyse a fait l’objet de plusieurs publications successives.

Les articles s'intitulent :

Conclusion générale de notre auteur

« Nous retiendrons les témoignages d’Hauviette, de Béroalde de Verville, de Bergame, de Sabadino Degli Arienti, de Paul Emile qui recoupent les éléments historiques en notre possession, recensés par Jean Bancal.

La crédibilité du témoignage d’Hauviette ne peut être remise en cause non plus. Celle de Béroalde de Verville ne peut être éliminer sans raison. Pour les trois autres, la source italienne des ducs de Milan, alliés de la famille d’Orléans, peut être supposée sinon identifiée, ce qui renforce notre opinion. Paul Emile est, au contraire de Bergame, un personnage sans doute très scrupuleux, habitué à considérer la valeur de ses sources ; nous retenons son témoignage d’une importance capitale, comme ayant une valeur historique certaine.

Parmi les chroniqueurs nous retenons les dates produites par Monstrelet (septembre 1407–septembre 1408), par Chartrier le religieux de Saint-Denis (novembre 1407–novembre 1408), par Wavrin du Forestel (septembre 1407–septembre 1408). Ces dates se situe dans notre fourchette préétablit entre mai 1407 et mai 1408.

Les éléments historiques en notre possession, les témoignages oraux, les témoignages littéraires et les chroniques ne nous permettent pas à penser que la date de 1412 puisse être retenue. On peut même dire que cette date ne présente aucun intérêt historique.

Les renseignements que nous avons à la suite de nos déductions sur la vie de la Pucelle, le procès de Toul, le procès de Rouen, sont corroborés par des témoins et des chroniqueurs.

Les indications les plus précises que nous avons situent la naissance de la Pucelle dans un espace allant de mai 1407 à septembre 1407 jusqu’aux mêmes périodes de 1408.

Il est bien évident, que dans ces conditions, la naissance exacte de la Pucelle peut très bien se situer le 10 novembre 1407 ».

Notre conclusion générale

La date de naissance de la Pucelle : quand 1407 devient une conclusion à démontrer

Au terme de cette longue série d’articles consacrés à la date de naissance de la Pucelle, il est temps de prendre un peu de recul.

Nous avons examiné successivement les procès, les témoignages, les chroniques et les textes littéraires invoqués sur le site jeannedomremy.fr pour tenter d’établir l’âge de Jeanne. Pris séparément, chacun de ces documents posait ses propres difficultés. Mis bout à bout, ils font apparaître un problème plus général : celui de la méthode suivie par notre auteur.

Car son objectif n’est manifestement pas seulement de démontrer que la date traditionnelle de 1412 est incertaine. Sur ce point, nous pourrions d’ailleurs facilement nous rejoindre : aucun acte de naissance ou de baptême ne nous permet de connaître avec certitude l’année de naissance de Jeanne.

L'objectif est beaucoup plus précis : faire converger les témoignages vers une naissance à la fin de l'année 1407, et si possible vers le 10 novembre 1407.

C'est là que se situe l'enjeu véritable de toute cette construction chronologique.

Pourquoi faut-il absolument arriver à 1407 ?

La date recherchée par notre auteur n'est pas une date neutre.

Dans la construction historique qu'il défend, la Pucelle ne serait pas la fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, mais serait liée à la famille royale. La naissance du 10 novembre 1407 constitue donc une pièce essentielle de cette hypothèse. Notre auteur explique d'ailleurs lui-même que ramener la naissance de Jeanne à 1407 permettrait de remettre en cause sa filiation traditionnelle et de rendre possible l'identification qu'il propose avec l'enfant qu'il rattache à Isabeau de Bavière et Louis d'Orléans.

La date de naissance n'est donc plus seulement une question biographique. Elle devient la clé de voûte d'une autre histoire de Jeanne.

Cela change profondément la manière dont il faut lire sa démonstration.

Si l'enquête avait commencé sans idée préconçue, la question aurait dû être :

Que permettent réellement de déduire les sources concernant l'âge de Jeanne ?

Mais la démarche observée au fil de ses développements semble souvent inversée :

Quels témoignages permettent de rapprocher Jeanne de 1407 et comment expliquer ou écarter ceux qui conduisent ailleurs ?

La différence est fondamentale.

Notre auteur emploie d'ailleurs lui-même une expression particulièrement révélatrice lorsqu'il évoque les témoignages qu'il retient : il parle de sa « fourchette préétablie entre mai 1407 et mai 1408 ».

Le mot préétablie résume presque à lui seul le problème méthodologique.

Une fourchette chronologique devrait être le résultat de l'étude des sources. Elle ne devrait pas constituer la grille préalable à partir de laquelle on décide ensuite quelles sources sont crédibles.

Anciens styles, nouveaux styles : une complexité qui finit par masquer une erreur simple

La question des anciens styles de datation occupe une place importante dans l'argumentation de notre auteur.

Il insiste longuement sur le calendrier julien, le calendrier grégorien, le début de l'année à Pâques, le nouveau style, l'ancien style et les corrections qu'il faudrait apporter aux dates utilisées par les historiens modernes.

L'impression produite est celle d'une matière extraordinairement complexe dans laquelle seul un lecteur particulièrement averti pourrait se retrouver.

Cette complexité est en partie réelle : dater correctement un acte médiéval demande effectivement de connaître le style employé.

Mais notre auteur ajoute lui-même une difficulté qui n'existe pas, en confondant deux phénomènes totalement différents.

D'une part, il y a l'ancien et le nouveau style, c'est-à-dire la question de savoir à quel moment commence l'année. Dans le style de Pâques, une journée de février ou de mars que nous plaçons aujourd'hui en 1429 pouvait encore appartenir, pour un contemporain, au millésime 1428.

D'autre part, il y a le calendrier julien et le calendrier grégorien, dont la différence concerne le décompte des jours et non le changement du millésime au 1er janvier ou à Pâques.

Dire que mars 1429 « grégorien » correspond à mars 1428 « julien » mélange donc deux questions distinctes. Le passage de 1428 à 1429 vient ici du style de datation de l'année, et non du passage du calendrier julien au calendrier grégorien.

À force de multiplier ces considérations calendaires, l'effet produit est finalement de noyer le lecteur.

Est-ce une manière de rendre la démonstration impressionnante ? Ou notre auteur finit-il par se perdre lui-même dans les différents systèmes qu'il manipule ?

Nous ne pouvons évidemment pas répondre sur ses intentions.

Mais nous pouvons constater le résultat : derrière une apparente sophistication chronologique se cache souvent une erreur de calcul extrêmement simple.

Wavrin du Forestel permet enfin de comprendre l'erreur

L'étude du témoignage de Wavrin du Forestel nous a permis de comprendre précisément le mécanisme.

Wavrin écrit que Jeanne arrive auprès du roi pendant le siège d'Orléans, « en l'an que l'on comptait 1428 », et qu'elle est alors âgée de « vingt ans ou environ ».

Cette année 1428 est une année exprimée selon l'ancien style. L'événement se situe en réalité vers mars 1429 selon notre manière actuelle de compter les années.

Notre auteur obtient pourtant une naissance comprise entre septembre 1407 et septembre 1408.

Comment arrive-t-il à ces mois de septembre ?

Il semble considérer que « vingt ans ou environ » correspondrait à vingt ans plus ou moins six mois. Cette convention n'est indiquée nulle part par Wavrin, mais acceptons-la pour les besoins du raisonnement.

Jeanne se trouve à Chinon vers mars 1429.

Vingt ans auparavant nous conduisent vers mars 1409.

En ajoutant une marge de six mois dans les deux directions, nous obtenons :

septembre 1408 – septembre 1409.

Et non septembre 1407 – septembre 1408.

On peut faire exactement le même calcul en restant intégralement en ancien style.

Mars 1428 ancien style se situe à la fin de l'année 1428, puisque l'année suivante ne commence qu'à Pâques.

Vingt ans auparavant, nous arrivons donc en mars 1408 ancien style.

Et lorsqu'on remonte de six mois depuis mars 1408 ancien style, on arrive en septembre 1408 ancien style, et non en septembre 1407.

Pourquoi ?

Parce que, dans ce système, le millésime ne change pas au 1er janvier.

C'est ici que l'erreur devient parfaitement visible :

Notre auteur conserve le millésime de l'ancien style, mais lui applique implicitement une logique de changement d'année au 1er janvier.

Il utilise donc simultanément deux systèmes incompatibles.

Cette erreur explique très probablement les décalages d'un an observés dans ses fourchettes.

Elle est d'autant plus significative que notre auteur reproche précisément aux historiens modernes de ne pas savoir interpréter correctement les dates des chroniqueurs.

Des erreurs qui ne sont plus de simples questions d'interprétation

Les difficultés ne se limitent malheureusement pas à cette question de calendrier.

Au fil de cette série d'articles, nous avons rencontré plusieurs erreurs beaucoup plus importantes, dont certaines suffisent à renverser complètement la conclusion qui en était tirée.

Paul Émile de Vérone : dix-huit ans deviennent vingt-deux ans

L'exemple le plus spectaculaire est probablement celui de Paul Émile de Vérone.

Notre auteur lit dans le texte latin que Jeanne aurait environ vingt-deux ans lorsqu'elle est conduite auprès du roi. Il effectue alors un calcul très simple :

1429 − 22 = 1407.

Nouvelle confirmation de la date recherchée.

Malheureusement, le texte latin ne dit pas vingt-deux ans.

Il emploie le terme duodeviginti, qui signifie dix-huit : littéralement « deux de moins que vingt ». La traduction française ancienne de l'ouvrage confirme d'ailleurs explicitement l'âge d'environ dix-huit ans.

Le calcul devient donc :

1429 − 18 ≈ 1411.

Une source présentée comme une confirmation particulièrement forte de 1407 conduit ainsi, une fois correctement traduite, vers 1410-1411.

Nous ne sommes plus ici devant une différence d'interprétation historique. Il s'agit d'une erreur de traduction portant sur le nombre même qui constitue la base du calcul.

Le témoignage de Jeanne : les sept années sont rattachées au mauvais événement

Un phénomène comparable apparaît lorsque notre auteur utilise les propres déclarations de Jeanne.

Jeanne indique que les saintes qui la guident l'ont prise sous leur conduite depuis environ sept ans.

Notre auteur rattache ces sept années à sa première démarche auprès de Robert de Baudricourt, en 1428. En les ajoutant à l'âge d'environ treize ans qu'elle donne pour ses premières voix, il arrive à vingt ans en 1428, donc une nouvelle fois vers 1407-1408.

Mais le texte ne dit pas cela.

Les « sept ans passés » sont mentionnés au cours de l'interrogatoire de février 1431 et se rapportent naturellement au moment où Jeanne parle. Ils ramènent donc vers 1424. Combinés avec l'âge d'environ treize ans indiqué pour les premières manifestations, ils orientent vers une naissance autour de 1411.

Là encore, une date absente de la source — 1428 — est introduite dans le raisonnement, puis utilisée pour fabriquer une naissance en 1407.

Martial d'Auvergne : l'âge est rattaché au mauvais moment

Nous retrouvons la même méthode avec Martial d'Auvergne.

Le texte explique qu'une jeune bergère de dix-huit ans vint au roi et fut menée devant lui.

L'interprétation la plus naturelle consiste donc à comprendre qu'elle avait environ dix-huit ans lorsqu'elle fut présentée au roi, au début de 1429.

Cela conduirait vers 1410-1411.

Notre auteur rattache au contraire ces dix-huit ans à une période antérieure, alors que Jeanne se trouvait encore à Domrémy, ce qui lui permet de déplacer à nouveau sa naissance vers 1407.

Mais ce rattachement chronologique n'est pas celui qu'indique la construction du texte.

Nous voyons donc se reproduire le même phénomène : l'âge donné par une source est déplacé vers un événement antérieur, et ce déplacement a précisément pour effet de vieillir Jeanne de plusieurs années.

Le procès de Toul : majorité civile et capacité matrimoniale canonique

Le procès de Toul constitue sans doute l'autre pilier de la démonstration.

Le raisonnement paraît au premier abord très convaincant.

Jeanne aurait comparu seule devant l'officialité de Toul pour une affaire matrimoniale. Elle aurait donc été majeure. La majorité aurait été fixée à vingt ans. Puisqu'elle comparaît vers 1428, elle serait née vers 1407-1408.

Mais chaque étape pose problème.

La documentation disponible ne démontre pas qu'elle ait comparu seule et sans aucune assistance.

De plus, les textes juridiques invoqués pour établir une majorité à vingt ans sont, pour certains, postérieurs de plusieurs siècles aux faits : 1601 pour Metz et 1747 pour Toul. Plus gênant encore, les usages toulois de 1747 invoqués dans la démonstration prévoient eux-mêmes, dans certaines dispositions, une majorité à vingt-cinq ans.

Mais la confusion principale est juridique.

L'affaire portée devant l'officialité de Toul était une cause matrimoniale relevant du droit canonique. Il n'est donc pas possible de prendre mécaniquement une règle de majorité civile pour en déduire l'âge minimal de Jeanne dans une procédure ecclésiastique relative à une promesse de mariage.

La capacité à intervenir dans une cause matrimoniale et la majorité civile sont deux choses différentes.

Le procès de Toul prouve qu'il y eut une affaire matrimoniale.

Il ne prouve pas que Jeanne avait vingt ans.

Et il ne permet donc pas de dater sa naissance en 1407-1408.

Une sélection des sources en fonction du résultat obtenu

Toutes ces erreurs seraient déjà problématiques prises séparément.

Mais l'examen d'ensemble révèle quelque chose de plus important encore.

Les témoignages qui conduisent vers 1407-1408 sont généralement présentés comme crédibles, importants ou particulièrement bien informés.

Lorsqu'un témoignage conduit vers 1409, 1410, 1411, 1412 ou 1413, sa crédibilité devient beaucoup plus facilement contestable.

Ainsi, un résultat proche de 1407 tend à confirmer la thèse.

Un résultat éloigné de 1407 tend au contraire à devenir une raison de mettre en doute la source.

Le cas d'Antonio Morosini est révélateur. Notre auteur admet une certaine crédibilité à la source mais estime déjà que septembre 1408 est « très éloigné » des éléments qu'il privilégie autour de septembre 1407 et déclare 1410 « hors de portée historique ».

Pourquoi 1410 serait-il « hors de portée historique » ?

Non parce qu'une preuve indépendante démontrerait l'impossibilité d'une naissance en 1410, mais parce que cette date se situe hors de la fourchette déjà choisie.

Le raisonnement devient alors circulaire :

on établit d'abord que Jeanne serait née vers 1407-1408 ;

puis on juge les témoignages selon leur compatibilité avec 1407-1408 ;

enfin, on utilise les témoignages ainsi sélectionnés pour démontrer que Jeanne serait née vers 1407-1408.

La conclusion sert à sélectionner les preuves qui serviront ensuite à confirmer la conclusion.

C'est précisément ce qu'une recherche historique devrait éviter.

Des approximations transformées en dates presque certaines

Un autre défaut général apparaît dans presque tous ces calculs.

Les chroniqueurs ne donnent généralement pas une date de naissance.

Ils donnent un âge approximatif, souvent plusieurs années après les faits.

« Dix-huit ans environ ».

« Vingt ans ou environ ».

« Dix-huit à vingt ans ».

Ces indications sont intéressantes. Il ne faut certainement pas les rejeter.

Mais elles ne permettent pas d'obtenir une date de naissance au mois près.

Or notre auteur produit fréquemment des fourchettes telles que :

septembre 1407 – septembre 1408 ;

novembre 1407 – novembre 1408 ;

mai 1407 – mai 1408.

Cette précision est en grande partie artificielle.

Si un chroniqueur estime plusieurs années après les faits qu'une jeune femme avait « environ vingt ans », prétendre en déduire une naissance entre deux mois précis donne au résultat une précision que la source ne possède absolument pas.

Faut-il pour autant exclure 1407 ? Certainement pas

Il serait toutefois dommage de tomber dans l'excès inverse.

Critiquer la démonstration de notre auteur ne signifie nullement qu'il faudrait démontrer à tout prix que Jeanne est née en 1412.

Ce serait reproduire exactement la méthode que nous venons de critiquer.

La documentation disponible ne permet probablement pas de fixer avec certitude l'année de naissance de la Pucelle.

Quelques témoignages peuvent effectivement orienter vers 1407-1408.

D'autres conduisent plutôt vers 1408-1410.

Plusieurs indications conduisent vers 1410-1412.

Jean d'Aulon ou Christine de Pizan peuvent même orienter vers 1412-1413.

Il existe des témoignages plus fiables que d'autres, des sources contemporaines et d'autres très tardives, des témoins directs et des compilateurs, des âges approximatifs, des souvenirs reconstruits et des textes littéraires.

Il serait donc aussi imprudent de décréter que 1407 est impossible que d'affirmer que 1412 est certaine.

1407 est une possibilité historique.

Et c'est précisément pour cette raison que toute cette démonstration destinée à l'imposer était inutile.

Quelques sources permettent déjà sérieusement d'envisager une naissance ancienne de Jeanne. Il n'était nul besoin de traduire duodeviginti par vingt-deux, de déplacer les sept années du témoignage de Jeanne jusqu'à Vaucouleurs, de rattacher l'âge donné par Martial d'Auvergne au mauvais événement, de confondre majorité civile et capacité canonique, ou de transformer 1428 ancien style en une sorte de 1428 moderne pour renforcer cette hypothèse.

Ces erreurs ne consolident pas la thèse de notre auteur.

Elles la desservent.

Car lorsqu'une hypothèse plausible est défendue à l'aide d'arguments fragiles ou erronés, le lecteur finit par douter non seulement des arguments, mais également de l'hypothèse elle-même.

Une conclusion beaucoup plus simple : probablement entre 1406 et 1413

Que pouvons-nous finalement dire ?

Certainement pas que Jeanne est née avec certitude le 10 novembre 1407.

Certainement pas davantage qu'elle est née avec certitude le 6 janvier 1412, ou en 1412 tout court.

Les témoignages disponibles sont trop approximatifs pour cela.

En revanche, si nous cessons de chercher une année déterminée à l'avance et que nous conservons une marge suffisamment large pour intégrer les principales indications raisonnablement exploitables, une naissance comprise approximativement entre 1406 et 1413 paraît constituer une enveloppe prudente.

Cette fourchette est large.

Mais c'est précisément ce que justifie l'état de la documentation.

Elle inclut 1407.

Elle inclut également 1411-1412.

Et rien ne nous oblige à choisir artificiellement entre les deux lorsque les sources ne permettent pas de le faire.

L'histoire ne consiste pas à obtenir la date la plus précise possible. Elle consiste à donner aux conclusions le degré de précision que permettent réellement les sources.

Ainsi, la principale conclusion de cette longue enquête n'est peut-être pas de déterminer l'année exacte de naissance de la Pucelle.

Elle est plus modeste, mais historiquement plus solide :

nous ne connaissons pas cette année avec certitude.

Une naissance vers 1407 est plausible.

Une naissance vers 1411-1412 l'est également.

Et dans l'état actuel des sources étudiées, il paraît plus raisonnable de retenir un intervalle général d'environ 1406 à 1413, plutôt que de forcer des témoignages approximatifs à converger vers une date préalablement choisie.

La thèse de 1407 n'avait pas besoin que l'on dénigre 1411 ou 1412 pour exister.

Elle avait seulement besoin d'être présentée pour ce qu'elle est réellement :

UNE HYPOTHESE POSSIBLE PARMI D'AUTRES, ET NON UNE DATE DEMONTREE.