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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

dimanche 26 juillet 2026

Date de naissance de la Pucelle d'après Cousinot

J’ai décidé de continuer à étudier le site jeannedomremy.fr à travers une analyse critique d’un autre article, intitulé Quand et où Jeanne d'Arc est-elle née ? La date de naissance de Jeanne d'Arc - Etat des recherches historiques. Cette analyse fait l’objet de plusieurs publications successives.

Les autres articles s'intitulent :

Dans cette publication, nous allons examiner ce que notre auteur présente comme l'indication d’une naissance de Jeanne entre mi-1408 et mi-1409, dissimulant volontairement, selon lui, la date de novembre 1407 et ridiculisant la date de 1412.


La chronique de Cousinot

Notre auteur invoque la chronique attribuée à Cousinot, désigné généralement sous le nom de Guillaume Cousinot de Montreuil (vers 1400-1484), juriste, diplomate et serviteur de Charles VII :

« Voici son récit de l’arrivée de la Pucelle : 
“Les nouvelles de ladite Pucelle vinrent à Orléans, comme c’était une fille de sainte et religieuse vie, qui fut fille d’un pauvre laboureur de la contrée de l’Élection de Langres, près de Barrois, et d’une pauvre femme du même pays qui vivaient de leur labeur ; qu’elle était âgée environ de dix-huit à dix-neuf ans, et avait été pastoure au temps de son enfance ; qu’elle savait peu de choses mondaines, parlait peu, et le plus de son parler était seulement de Dieu, de sa benoite mère, des anges, des saints et saintes du Paradis…” 
L’indication de “environ dix-huit à dix-neuf ans”, à six mois près pour l’“environ”, est susceptible de préconiser une naissance entre mi-1408 et mi-1409. Voilà un dignitaire, témoin du procès de Poitiers, chancelier et chambellan de Charles VII, élevé à la dignité de chevalier, qui est capable de prendre ses renseignements à la source — le roi — et qui n’est pas capable de les transcrire sans hésitations ! Ou qui, tout simplement, ne dit rien de précis parce qu’il sait tout, mais ne veut rien dire en sa qualité de chancelier. Un chancelier protège habilement son roi en toutes circonstances. Il intègre bien autrement toute la propagande royale sur la Pucelle, “fille d’un pauvre laboureur”. C’est la preuve que c’est un chancelier fidèle et dévoué. Cela nous laisse penser que c’est la voix de son maître et, comme son maître n’a pas intérêt à communiquer la date de naissance de sa sœur Jeanne, on n’a rien à attendre de cet auteur. On n’accorde pas une grande crédibilité à ce témoignage, qui donne une date qui n’est appuyée sur aucune autre donnée en notre possession. Ce témoignage ridiculise une fois de plus la date de 1412, dont nous sommes toujours incapables de dire l’origine historique ancienne, et n’honore pas la mémoire de l’auteur de la chronique ».

Commentaires :

L’analyse proposée par notre auteur est discutable, notamment parce qu’elle ne tient compte que d’un seul passage de la chronique. Or l’âge de Jeanne y apparaît à deux reprises, dans deux contextes successifs.

Le premier passage se trouve au chapitre 42, consacré à la venue de la Pucelle vers le roi :

« L’an 1429 y avoit une jeune fille vers les Marches de Vaucouleurs, native d’un village nommé Domp-Remy, de l’eslection de Langres, qui est tout un avec le village de Gras, fille de Jacques Daïx et d’Ysabeau, sa femme, simple villageoise, qui avoit acoustumé auncunes fois de garder les bestes ; et quand elle ne les gardoit, apprenoit à couldre, ou bien filoit. Elle estoit aagée de 17 à 18 ans, bien compassée de membres, et forte ; laquelle, un jour, sans congé de père ou de mère […] s’en vint à Vaucouleurs devers Messire Robert de Baudricourt ».

Ce premier passage rattache l’âge de dix-sept à dix-huit ans aux démarches de Jeanne auprès de Robert de Baudricourt, donc à la période de Vaucouleurs. Si l’on situe ces démarches en 1428, cela conduit à une naissance approximative vers 1410-1411.

Le second passage, au chapitre 43, concerne les nouvelles de Jeanne parvenues à Orléans :

« Les nouvelles de ladite Pucelle vinrent à Orléans, comme c’était une fille de sainte et religieuse vie, qui fut fille d’un pauvre laboureur de la contrée de l’Élection de Langres, près de Barrois, et d’une pauvre femme du même pays qui vivaient de leur labeur ; qu’elle était âgée environ de 18 à 19 ans, et avait été pastoure au temps de son enfance ; qu’elle savait peu de choses mondaines, parlait peu, et le plus de son parler était seulement de Dieu, de sa benoite mère, des anges, des saints et saintes du Paradis ».

Ce second passage semble se situer après l’entrevue de Jeanne avec le roi, mais avant son arrivée à Orléans. Il renvoie donc au début de l’année 1429. Si Jeanne avait alors environ dix-huit à dix-neuf ans, cela conduit encore à une naissance vers 1410-1411.

Pris ensemble, les deux passages ne confirment donc pas une naissance entre mi-1408 et mi-1409. Ils orientent plutôt vers une fourchette plus large, située approximativement vers 1410-1411. Surtout, ils montrent que la chronique ne cherche pas à donner une date de naissance précise, mais seulement une estimation de l’âge de Jeanne à différents moments de son parcours.

Le commentaire de notre auteur introduit par ailleurs plusieurs hypothèses qui ne découlent pas du texte. Rien, dans ces passages, ne permet d’affirmer que Cousinot aurait volontairement dissimulé une date connue, ni qu’il aurait écrit sous la dictée politique du roi, ni encore que l’expression « fille d’un pauvre laboureur » relèverait nécessairement d’une propagande construite.

Conclusion

Il est donc plus prudent de retenir seulement ce que la chronique permet réellement d’établir : Jeanne est présentée comme une jeune fille âgée de dix-sept à dix-neuf ans environ entre ses démarches à Vaucouleurs et les nouvelles de sa mission arrivées à Orléans. Une telle indication conduit globalement vers une naissance située autour de 1410-1411, et non vers une datation resserrée entre mi-1408 et mi-1409.