mercredi 9 décembre 2009

Prosper SAIN d'AROD, un compositeur dauphinois du 19ème S.


SAIN (Jean-Baptiste Prosper), né à Vienne (Isère), le 17 mai 1814, du mariage de Jean-Marie SAIN (1), docteur en chirurgie, et de Marguerite Cézarine ALMERAS-LATOUR.


Armoiries de la famille SAIN

Prosper SAIN, dont le nom patronymique s’est complété et distingué d’autres familles homonymes par celui d’une noble aïeule (2), est le frère de Camille SAIN, l’artiste peintre, et le petit-cousin du général baron Louis ALMERAS.

De bonne heure, il manifeste de grandes dispositions pour la musique : à 17 ans, alors qu’il achevait ses études classiques au petit séminaire de Grenoble, nous le voyons déjà maître de chapelle de cet établissement.

A 28 ans, en 1842, nous le retrouvons prenant part à un concours international ouvert par l’Académie Sainte-Cécile de Rome (3), qui est, à cette époque, le plus célèbre corps musical d’Europe, pour la composition d’une messe solennelle.

Il écrit son oeuvre en huit mois, en fait un chef-d’oeuvre qui lui acquiert la plus grande notoriété dans l’art religieux et remporte le prix unique qui lui vaut d’être reçu solennellement chevalier de l’ordre pontifical de Saint-Grégoire le Grand (4) par le Souverain pontife. Sa messe, selon une autre condition du concours, est exécutée à l’occasion des fêtes qui ont lieu à Rome en 1843, sous sa direction et avec le plus grand apparat dans l’église Saint-Louis des Français, à Rome, en présence du Saint-Père, entoure des membres du Sacre Collège, du personnel des ambassades et de toute la société de Rome.

Cette messe de Rome est aussi bien accueillie en France qu’à Rome. Paris, Lvon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Besançon, Lille, Amiens, etc., sont tour à tour charmés par ces mélo-dieux, austères et sublimes accents.

Dès lors, les distinctions ne lui sont pas ménagées ; à Turin, l’audition de cette messe lui vaut d’être présenté au roi Charles-Albert, qui lui confère l’ordre des SS. Maurice et Lazare, et l’attache à la musique et à la chapelle de la Cour de Piémont en qualité de directeur honoraire.

La publication à Paris et à Bruxelles d’un ensemble de musique de concert sous le titre de « La Création, l’Humanité et la Fin des temps », excite l'intérêt général, et le dernier fragment de cette oeuvre envoyée au duc de Saxe-Cabourg et Gotha lui vaut la croix du Mérite civil de Saxe, la plus musicale de toutes les distinctions.

Il entreprend ensuite une pérégrination musicale dans plusieurs grandes villes : à Turin, où il retourne, on exécute un Requiem de sa composition pour l'anniversaire funèbre de l’archiduchesse Françoise-Adélaïde d’Autriche, épouse de Victor-Emmanuel, qui était alors prince royal ; puis, à Lyon ont lieu deux interprétations successives de la Messe de Rome (5) ; une autre à Marseille, en 1852, qui lui vaut d’être reçu comme membre correspondant de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Art de Marseille (section des Beaux-Arts).

Revenu à Lyon, pendant près de huit années, il publie dans le journal « Le Courrier », une série de plus de deux cents feuilletons de revue musicale, qui constitue tout un arsenal d’enseignements et de critiques judicieuses, dont bien des artistes feront leurs profits.

C’est à Lyon que Prosper SAIN d’AROD écrivit ensuite la grande partition de son Te Deum en vue des fêtes de la rentrée de l’armée d’Italie, musique qui est exécutée sous sa direction le 15 août 1859, par plus de huit cents chanteurs et instrumentistes, à Notre-Dame de Paris.

Les fêtes de l’annexion de la Savoie à la France donnent lieu à une nouvelle audition de cette oeuvre dans l’église métropolitaine de Chambéry, en présence de toutes les autorités qui avaient accompagné le cortège impérial, et d’une foule immense accourue de toutes parts.

En 1863, il est appelé pour traiter des matières musicales au « Journal Officiel » ; il s’y révèle bientôt d’une manière si remarquable qu’il y est classé parmi les érudits.

Sur ces entrefaites, la maîtrise de la grande paroisse de Saint-Sulpice, qui formait alors le premier choeur des églises de Paris, est vacante ; Prosper Saint d’Arod est élu à l’unanimité pour en occuper le poste, en 1866.

En 1868, pour les fêtes musicales de Grenoble, il écrit la musique de la Cantate d’inauguration de la statue de Napoléon 1er et en dirige l’exécution. Deux corps de musique militaire et des meilleurs accompagnent un choeur nombreux. L’effet est immense sur la place d’armes, et Berlioz, qui assiste à cette cérémonie, formule un éloge reproduit dans un opuscule publié le titre de « Fêtes de Grenoble », par MM. Baratjer et Dardelet.

C’est pour une cérémonie analogue, quoique moins officielle que Prosper SAIN d’AROD revient à Vienne en 1870. Il a écrit la musique d une Ode à Ponsard, qui est exécutée lors de l’inauguration de la statue du poète viennois, dont il était un ami personnel depuis l’enfance.

Signature du vicomte Prosper Sain d'Arod

Tous ces titres lui valent d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur et, plus tard, par un des derniers brefs de son pontificat, et pour une exception unique, Pie IX lui a conféré le titre de Maître de Chapelle honoraire des souverains pontifes, en proclamant la Messe de Rome comme un des faits les plus remarquables de l’art musical religieux de cette époque.

A sa mort, survenue le 7 octobre 1887 à Genas (6), celui qui fut l'ami intime de Meyerbeer et de Berlioz est inspecteur de l'enseignement musical.

(1) Ancien chirurgien militaire, il était médecin de l’hospice de Vienne.
(2) II était le petit-fils de Claude-Antoine SAIN, médecin apothicaire à Bois-d’Oingt (Rhône), et de Madeleine d'AROD.
(3) Le Jury d’examen comprenait entre autres Rossini, Meyerbeer, Mendelssohn ...
(4) II fut commandeur du même ordre
(5) La première en 1848 et la seconde en 1849, dans l’église de St-Nizier, avec 180 exécutants.
(6) Château de Veynes, propriété de son cousin M. le baron Louis-Michel ALMERAS-LATOUR.

Source : Une famille Viennoise au XVIIème et XIXème siècles : les Alméras et leurs alliances, par Roger DUFROID.

3 commentaires:

Unknown a dit…

Csmille Sain a fait les portraits de trois de mes ancêtres: Joseph-Prosper Loaisel de Tréogate(1790-1845, fils de l'écrivain.. de sa femme Marguerie Danancher et de leur fille, Paméla (1820-1902) uer fille, mon arrière grand-mère. Portraits peints vers 1844. Adorables , aquarelle et encre de Chine"e Musée de Viene en Isère a un auto-portrant de camillel Sain, tout à faut dans le m^me style de peinture.


LDR Ontario Canada

Unknown a dit…

Mes excuses ... erreur de frappe. C'est bien de Camille Sain, le peintre et frère de Prosper, dont je voulais parler dan mon commentaire sur ses portrais de mes ancêtres.

LDR Canada

Leo a dit…

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