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dimanche 20 novembre 2016

Famille d'AMERMONT de Lorraine - Généalogie parcellaire

Aux origines de la famille d'AMERMONT

Il est difficile de reconstituer l'histoire de cette famille de petite noblesse lorraine, les sources la concernant étant rares et très dispersées.

Le plus ancien représentant identifié est Pierson d'AMERMONT, nommé receveur et gruyer de la ville et prévôté de Longwy le 8 avril 1442 (Inventaire des titres, t. IV, Longwy 2, n° 25). Après cette mention, la famille disparaît des archives pendant plusieurs décennies.

Blason présumé de la famille d'Amermont

Elle réapparaît au début du XVIe siècle à travers un document particulièrement important : une confirmation de noblesse accordée en 1515 à Jean d'AMERMONT, alors établi à Briey.

Dans sa requête, Jean d'AMERMONT expose que les habitants de Briey contestent sa qualité nobiliaire et refusent de lui reconnaître les exemptions dont bénéficient les hommes nobles. Il rappelle qu'il est prêt à servir le duc de Lorraine « en estat d'homme de guerre, bien monté et armé », et sollicite la confirmation des privilèges attachés à sa condition.

L'autorité ducale fait droit à sa demande et reconnaît expressément qu'il est "gentilhomme" tout en lui accordant l'exemption des tailles et aides dans le bailliage de Saint-Mihiel, à la condition qu'il continue à assurer le service militaire requis.

Cet acte, daté du 10 septembre 1515, constitue la première preuve explicite de la noblesse des AMERMONT.

Recherches de noblesse de Didier Richier, 1577 (Médiathèque de Metz, MS 1152)

Quelques décennies plus tard, la recherche de noblesse menée entre 1578 et 1581 par Didier Richier, poursuivant d'armes, apporte un éclairage complémentaire. Gérard d'AMERMONT, demeurant à Rosselange, y déclare être le fils de Jean d'AMERMONT, bénéficiaire de l'affranchissement de 1515.

Toutefois, le rapport de Didier Richier introduit une nuance importante. Il précise que les d'AMERMONT appartiennent au groupe des franquignons du bailliage de Saint-Mihiel. Ces hommes, exemptés de certaines charges en contrepartie d'obligations militaires, bénéficiaient d'un statut particulier, souvent mal compris par leurs contemporains. Richier souligne ainsi que les privilèges accordés aux franquignons étaient liés à l'exercice effectif du service armé et ne constituaient pas nécessairement une noblesse pleinement transmissible.

Il ajoute également qu'il n'a trouvé aucune trace d'armoiries portées par Jean ou Gérard d'AMERMONT.

Recherches de noblesse de Didier Richier, 1577 (Médiathèque de Metz, MS 1152)

Ces éléments montrent que la famille d'AMERMONT occupait une position sociale intermédiaire, caractéristique d'une partie de la petite noblesse lorraine de l'époque. Reconnus comme nobles ou assimilés à la noblesse dans certains contextes, investis de fonctions locales et astreints au service militaire, les d'AMERMONT ne semblent toutefois avoir possédé ni importantes seigneuries ni fortune considérable.

Cette situation explique probablement les difficultés rencontrées pour suivre leur trajectoire au fil des générations. Elle éclaire également le déclassement progressif observé chez certains de leurs descendants au cours du XVIIe siècle.

Par la suite, il est possible de suivre la famille d'AMERMONT au travers de plusieurs actes notariés conservés aux Archives départementales de la Moselle. Les différentes mentions relevées permettent de distinguer plusieurs représentants de cette lignée :
  • à Vitry-sur-Orne, on rencontre nobles Jean et Domange d'AMERMONT dans la première moitié du XVIIe siècle, puis noble André d'AMERMONT, écuyer, dans la seconde moitié du même siècle ;
  • à Rosselange, Françoise d'AMERMONT apparaît comme la première épouse de Thomas BEGIN, premier échevin du village.
Les générations suivantes semblent toutefois connaître un déclassement social progressif. En effet, les descendants des d'AMERMONT contractent principalement des alliances avec des familles roturières de la région. Les indices de leur ancienne condition se font également plus discrets : plusieurs d'entre eux ne savent plus écrire ni signer et les qualifications nobiliaires deviennent plus rares dans les actes.

Cette évolution n'a rien d'exceptionnel dans la Lorraine du XVIIe siècle. De nombreuses familles de petite noblesse, dépourvues de véritables seigneuries et fragilisées par les crises économiques et les conséquences de la guerre de Trente Ans, furent contraintes d'adopter un mode de vie proche de celui de leurs voisins roturiers. Les d'AMERMONT semblent illustrer parfaitement ce phénomène de déclassement, sans que leur origine noble puisse pour autant être remise en cause.


Ci-dessous, une généalogie parcellaire proposée pour la famille d'AMERMONT :

BRANCHE DE DEMANGE DAMERMONT

La généalogie de cette branche est basée sur le faisceau d'indices suivant :

Premier indice : un terrier de 1675

Dans le terrier du comte de Gournay concernant Vitry-sur-Orne (AD 57, 4E483), Domange RAVENEL et Louis CHOLLE apparaissent parmi les détenteurs d'un bien auparavant possédé par noble Domange d'AMERMONT et son épouse Antoinette.

La succession des propriétaires semble être la suivante :

  1. Antoinette, épouse de noble Domange d'AMERMONT ;
  2. leurs héritiers, parmi lesquels figurent Nicolas PETELOT et Humbert DIEDERICH ;
  3. puis, en 1675, Simon POCHON, Didier PETELOT, Louis CHOLLE et ses gendres NICKEL [Vincent et Jean MICHEL], ainsi que les héritiers de Domange RAVENEL.
Deuxième indice : un acte notarié

Un document conservé sous la cote 29J50 (AD 57) mentionne les enfants mineurs de Domange RAVENEL et de Barbe BEGIN. L'acte précise que Barbe BEGIN est la fille de Françoise d'AMERMONT, épouse de Thomas BEGIN.

Cette découverte est importante. Thomas BEGIN était déjà connu des généalogistes comme mari de Françoise GOME. L'acte révèle qu'il avait auparavant épousé Françoise d'AMERMONT, dont il eut au moins une fille, Barbe BEGIN.

Dès lors, une question se pose : Nicole BEGIN, épouse de Louis CHOLLE, pourrait-elle être issue de cette même famille ?

Le rapprochement avec le terrier rend cette hypothèse particulièrement solide.

Troisième indice : un contrat de mariage de 1582

Le contrat de mariage de Domange d'AMERMONT et d'Antoinette PIERON (AD Moselle, 2E8) apporte la pièce manquante du puzzle. Il précise qu'Antoinette est la fille de Jean PIERON, personnage anobli en 1573 et ancêtre de la famille de BETTAINVILLERS.

Cette fois, la chaîne de raisonnement est complète :

  • Domange RAVENEL et Louis CHOLLE apparaissent parmi les héritiers liés aux d'AMERMONT ;
  • les BEGIN sont alliés à cette famille par Françoise d'AMERMONT ;
  • Nicole BEGIN, épouse de Louis CHOLLE, s'insère vraisemblablement dans ce même réseau familial ;
  • les d'AMERMONT eux-mêmes sont apparentés à la famille PIERON, ancêtre des BETTAINVILLERS.

La généalogie suivante peut donc être proposée :

I Noble Demange d'AMERMONT, demeurant à Rosselange en 1612, épousa, le 02/12/1582 (AD 57, 2E8), noble Antoinette PIERRON, fille de Jean PIERRON (anobli en 1573), veuve de feu Didier PETELOT. Probablement père de :

II Françoise d'AMERMONT, née vers 1600. Elle s'est unie avec Thomas BEGIN, premier échevin de Rosselange, né vers 1603, décédé à Rosselange (Moselle) le 6 avril 1683, d'où :

1) Probablement Nicole BEGIN, décédée à Vitry-sur-Orne (Moselle) le 1er mai 1692. Elle s'est unie avec Louis CHOLLE, vigneron demeurant à Vitry, fils de X. CHOLLE, reçu au baptême vers 1617, décédé à Vitry-sur-Orne le 6 août 1697, d'où :
a) Jeanne CHOLLE, née vers 1642, décédée à Beuvange (Moselle) le 4 novembre 1726. Elle s'est unie avec Vincent MICHEL, fils de X. MICHEL, né en 1643, décédé à Beuvange (Moselle) le 16 décembre 1718,
b) Marguerite CHOLLE, née vers 1652, décédée à Vitry-sur-Orne le 3 septembre 1732. Elle s'est unie avec Jean MICHEL, fils de X. MICHEL, né en 1642, décédé à Vitry-sur-Orne (Moselle) le 29 mars 1717,
c) Jean CHOLLE, maître cordonnier et vigneron demeurant à Beuvange, décédé à Vitry-sur-Orne (Moselle) le 23 novembre 1754. Il s'est marié religieusement le 23 novembre 1694 à Tressange (Moselle) avec Anne DIEDRICH, fille de Jean Nicolas DIEDRICH, laboureur, échevin de Tressange en 1695 et Barbe HENRION,
d) Catherine CHOLLE, décédée à Vitry-sur-Orne le 14 août 1710. Elle s'est unie avec Robert COLLET, dmt à Budange, fils de Jean COLLET et Barbe AUBERTIN.
e) Nicole CHOLLE. Elle s'est unie avec Claude COLLET, dmt à Gandrange.

2) Barbe BEGIN. Elle s'est mariée le 19 janvier 1655 à Rosselange (Moselle) avec Domange RAVENEL, laboureur demeurant à Rosselange. Barbe s'est mariée une seconde fois religieusement le 13 novembre 1668 à Rosselange (Moselle) avec Guillaume EME. Elle eut de ces unions :
Du premier lit :
a) Françoise RAVENEL, née à Rosselange (Moselle) le 28 février 1668.


BRANCHE DE JEAN DAMERMONT

I Noble Jean d'AMERMONT, demeurant à Vitry-sur-Orne en 1621. Probablement père de :

II Noble André d'AMERMONT, écuyer, demeurant à Vitry-sur-Orne dans la seconde moitié du 17ème siècle. Il décède entre le 15/02/1572 (AD 57, B6917) et le 16/09/1675 (AD 57, B6918).

Signature d'André DAMERMONT

André d'AMERMONT contracta un premier mariage avec Jeanne BRION, dont sont notamment issus :

1) Jean d'AMERMONT, auteur de la SOUS-BRANCHE 1 qui suivra.
2) Dominique d'AMERMONT, auteur de la SOUS-BRANCHE 2 qui suivra.

André d'AMERMONT se remaria ensuite avec Jeanne SCHAUS, issue d'une famille notable d'Hayange. De cette union naquirent notamment :

1) Damoiselle Étiennette d'AMERMONT, décédée à Boulange le 11 avril 1735, âgée d'environ 80 ans, ce qui situe sa naissance vers 1655. Elle épousa, en premières noces, Charles VALETTE, le 5 septembre 1680 à Fameck. L'acte de mariage la qualifie de « fille de feu le sieur André DAMERMONT et de damoiselle Jeanne CHAUSSE ». Elle savait écrire, comme en témoigne sa signature au bas de l'acte.

Signature d'Etiennette DAMERMONT

Veuve, Étiennette d'AMERMONT se remaria à Vitry-sur-Orne, le 5 février 1695, avec Jacques François MAILLARD de la MALMAISON.

Je souhaite ici détailler les éléments qui justifient cette filiation, car elle peut paraître déroutante au premier abord. Comment expliquer qu'un André d'AMERMONT, qualifié d'écuyer et manifestement lettré, ait eu deux fils, Jean et Dominique d'AMERMONT, qui semblent illettrés et ne portent plus de qualification nobiliaire ? De même, il peut sembler surprenant que leur demi-sœur Étiennette soit à la fois lettrée et désignée comme "damoiselle".

Ces apparentes contradictions pourraient conduire à supposer l'existence de plusieurs homonymes d'AMERMONT, certains appartenant à la noblesse, d'autres à la roture. Toutefois, plusieurs éléments permettent d'envisager une autre explication : celle d'un déclassement social rapide au sein d'une même famille.

Deux facteurs peuvent notamment être avancés :
  • D'une part, comme indiqué précédemment, les d'AMERMONT semblent issus du milieu des franquignons du bailliage de Saint-Mihiel. Ces hommes, souvent laboureurs ou petits officiers locaux (sergents, doyens, forestiers...), bénéficiaient d'exemptions en contrepartie des services militaires qu'ils rendaient en temps de guerre. Certains furent même anoblis pour services rendus. Toutefois, cette noblesse demeurait généralement modeste : elle ne s'accompagnait ni de vastes possessions foncières ni de revenus importants. Les générations suivantes pouvaient donc rapidement déroger à leur condition.
  • D'autre part, la guerre de Trente Ans (1618-1648) eut des conséquences particulièrement dramatiques dans la prévôté de Briey. Les destructions, les épidémies et l'effondrement économique affectèrent durablement les populations locales, y compris les petites familles nobles, dont les ressources diminuèrent considérablement. C'est précisément dans ce contexte troublé du milieu du XVIIe siècle que grandirent Jean et Dominique d'AMERMONT.
Ainsi, la perte progressive des marqueurs de distinction sociale observée chez certains descendants d'André d'AMERMONT ne paraît pas incompatible avec leur appartenance à cette lignée.

Les preuves relatives à la génération de Jean et Dominique d'AMERMONT

Les registres des procès de la prévôté de Briey constituent une source particulièrement précieuse pour l'étude de la famille d'AMERMONT, qui y apparaît à de nombreuses reprises.

La preuve la plus explicite de la filiation de Jean et Dominique d'AMERMONT se trouve dans le compte-rendu d'une audience du 22 mars 1694 [AD 57, B6925] :
« Entre Dominique et Jean les DAMERMONT, demeurants à Haumecourt et Avril, héritiers de feu André DAMERMONT, vivant leur père [...] d'une part ; et Damoiselle Jeanne CHAUSE, veuve dudit André DAMERMONT, demeurant à Vitry [...] d'autre part [...], afin qu'elle fournisse partage auxdits demandeurs pour chacun un cinquième de la succession dudit feu DAMERMONT [...]. »
Ce procès met en évidence un différend successoral opposant les fils issus du premier mariage d'André d'AMERMONT à Jeanne SCHAUS, sa seconde épouse. La mention des lieux de résidence de Jean (Avril) et Dominique (Haumécourt) renforce encore l'identification de ces deux personnages et laisse peu de place à une hypothèse d'homonymie.

Cette filiation est confirmée par le mariage de Jean d'AMERMONT avec Jeanne GUSTIN, célébré à Avril le 16 octobre 1692, où il est explicitement qualifié de fils d'André d'AMERMONT et de Jeanne BRION. On y constate également que Jean et son frère Dominique ne savent pas signer.

Mariage de Jean DAMERMONT et Jeanne GUSTIN (AD Meurthe-et-Moselle)

Jean d'AMERMONT

Jean apparaît relativement peu dans les archives. Il semble résider à Homécourt vers 1670, avant de s'établir durablement à Avril après son second mariage.

Malgré son illettrisme, il est fréquemment désigné par la qualité de "sieur", signe qu'une certaine considération sociale demeure attachée au nom d'AMERMONT :
  • procès du 12 juillet 1670 : « Nicolas MARTIN [...] contre le sieur Jean DAMERMONT [...] » [AD 57, B6939] ;
  • baptême de Nicolas DAMERMONT, le 15 août 1693, fils du « sieur Jean DAMERMONT et de damoiselle Jeanne GUSTIN ».
Baptême de Nicolas DAMERMONT

Ces mentions témoignent d'une notabilité encore reconnue, malgré l'absence apparente de privilèges nobiliaires effectifs.

Dominique d'AMERMONT

Dominique est beaucoup plus présent dans les registres de la prévôté de Briey. Comme son frère, il est parfois qualifié de "sieur", mais certaines procédures rappellent plus directement l'origine noble de sa famille.

Ainsi, lors d'un procès du 14 octobre 1669, opposant la communauté de Homécourt à Louis REMIEZ, le défenseur conteste la représentation du village par Dominique d'AMERMONT au motif que celui-ci serait de condition noble :
« [...] dudit sieur DAMERMONT [...] pour estre de condition noble [...] » [AD 57, B6915].
Procès de 1669 dans lequel la qualité de noble de Dominique DAMERMONT est mise en avant par le défenseur

Cette référence explicite à sa qualité nobiliaire est particulièrement intéressante.

Le qualificatif de "sieur" se retrouve encore dans plusieurs procédures des années suivantes, notamment en 1670, lorsqu'il agit en réparation d'injures proférées contre « la demoiselle sa femme » [AD 57, B6939]. Toutefois, ces distinctions tendent ensuite à disparaître progressivement des actes.

Les archives permettent également de reconstituer certains éléments de sa vie :
  • il exerçait la profession d'hôtelier en 1682 ;
  • il résida successivement à Homécourt, Auboué, puis de nouveau à Homécourt ;
  • il contracta deux unions : d'abord avec Madeleine NOIREL, puis avec Anne JEANJEAN.
Plusieurs procès apportent des précisions complémentaires :
  • en 1687, Anne JEANJEAN est qualifiée de « femme séparée quant aux biens d'avec Dominique DAMERMONT » ; cette formule juridique indique qu'elle était l'épouse de Dominique, mais qu'elle avait obtenu la gestion indépendante de son patrimoine, vraisemblablement afin de le soustraire aux conséquences d'éventuelles difficultés financières de son mari ;
  • en 1688, Dominique agit comme tuteur des enfants issus de son premier mariage avec Madeleine NOIREL ;
  • cette même année, un acte fait apparaître Jean DAMERMONT, fils de Dominique, dans une affaire judiciaire pour laquelle son père intervient en son nom. Cette mention révèle l'existence d'un second fils du nom de Jean, plus âgé que celui né en 1685, probablement déjà proche de l'âge adulte. Ce Jean pourrait être celui qui épousa Marguerite DIDERICH en 1694, bien que l'acte de mariage ne mentionne pas ses parents.
Mariage de Jean DAMERMONT et Marguerite DIDERICH 

Lors du mariage de Madeleine d'AMERMONT, fille de Dominique, avec Jean ANSEMAN, célébré à Jœuf le 3 septembre 1707, son oncle Jean d'AMERMONT est présent. Il ne sait toujours pas signer, mais sa marque, caractéristique, est identique à celle observée dès 1692.

Mariage de Madeleine DAMERMONT et Jean ANSEMAN

Une autre fille d'André d'AMERMONT

Les sources permettent également d'identifier une autre enfant d'André d'AMERMONT : damoiselle Marguerite d'AMERMONT, épouse du sieur Claude DUPREZ.

Le couple eut notamment un fils, Pierre Antoine DUPREZ, baptisé à Vesoul (Haute-Saône) le 15 juillet 1686.

Il est vraisemblable que Marguerite soit issue du premier mariage d'André d'AMERMONT avec Jeanne BRION. En effet, elle apparaît elle-même dans une audience relative au litige successoral opposant les enfants d'André d'AMERMONT à Jeanne SCHAUS (voir ci-dessous). La revendication d'une part d'héritage, correspondant à un cinquième de la succession, paraît davantage s'inscrire dans le cadre d'un conflit avec une belle-mère qu'avec une mère biologique. Cette interprétation est d'ailleurs confortée par la présence d'un DUPREZ parmi les signataires du mariage de Jean DAMERMONT et Marguerite DIDERICH, probablement Claude DUPREZ, époux de Marguerite DAMERMONT.

Procès entre Marguerite DAMERMONT et Jeanne SCHAUS

Conclusion

Les nombreuses mentions retrouvées dans les registres judiciaires, les actes paroissiaux et les documents notariés permettent de suivre avec précision Jean et Dominique DAMERMONT tout au long de leur existence.

Pris isolément, chacun de ces indices pourrait paraître insuffisant. Mais leur convergence laisse peu de doute : Jean et Dominique d'AMERMONT étaient bien les fils de noble André d'AMERMONT et de Jeanne BRION.

Cette famille offre ainsi un exemple particulièrement intéressant de l'effacement progressif des signes extérieurs de noblesse au cours du XVIIe siècle : des descendants parfois illettrés, exerçant des activités modestes, continuent néanmoins de bénéficier, pendant plusieurs décennies, d'une reconnaissance sociale héritée de leur origine.


SOUS-BRANCHE 1

III Jean d'AMERMONT, né vers 1644, décédé à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 16 avril 1709. Il s'est uni avec Jeanne DES LOYERS. Jean s'est marié une seconde fois religieusement le 15 octobre 1692 à Avril (Meurthe-et-Moselle) avec Jeanne GUSTIN, fille de Jean GUSTIN et Pierrette MOUTRY, décédée à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 25 mai 1727. Il eut de ces unions :

Du premier lit :
1) Simon d'AMERMONT, né à Vitry-sur-Orne (Moselle) le 3 octobre 1669. Il s'est marié religieusement le 8 mai 1703 à Rombas (Moselle) avec Barbe Marguerite ANDRÉ, fille de Mathieu ANDRÉ et Barbe RAVENEL, d'où :
a) Jeanne d'AMERMONT. Elle s'est mariée religieusement le 12 janvier 1740 à Rombas (Moselle) avec Louis PELLETIER, fils d'Herman PELLETIER et Jeanne CHALABAUX OU WILLAUME. Jeanne s'est mariée une seconde fois religieusement le 8 janvier 1754 à Rombas (Moselle) avec Dominique BEGIN, fils de Jean BEGIN (°1681), dmt à rosselange et Barbe FREMINET.
b) Anne d'AMERMONT. Elle s'est mariée religieusement le 9 février 1734 à Rombas (Moselle) avec Nicolas PELLETIER, fils d'Herman PELLETIER et Jeanne CHALABAUX OU WILLAUME.
c) François d'AMERMONT. Il s'est marié religieusement le 10 février 1733 à Rombas (Moselle) avec Catherine MONTMÉDY, fille de Nicolas MONTMÉDY et Marguerite HULLIN.
d) Jean d'AMERMONT. Il s'est marié religieusement le 6 juin 1730 à Rombas (Moselle) avec Barbe ROUYER, fille de Jean ROUYER et Anne MOGINOT.

2) Jeanne d'AMERMONT, née vers 1672. Elle s'est mariée religieusement le 4 janvier 1689 à Rombas (Moselle) avec Claude GASOT, originaire de Chaumail en Dauphiné, fils de Claude GASOT et Marie SAMUEL. Jeanne s'est mariée une seconde fois religieusement le 24 juillet 1702 à Rombas (Moselle) avec Nicolas PETIT, fils de Vincent PETIT et Marguerite le ROY.

3) Marthe d'AMERMONT. Elle s'est unie avec Christophe PIERRON, d'où :
a) Marie PIERRON, née à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 24 mars 1697.
b) Elisabeth PIERRON, décédée à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 26 avril 1707.
b) Et de nombreux autres enfants.

Du second lit :
4) Nicolas d'AMERMONT, bûcheron, né à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 15 août 1693, y décédé le 4 mai 1762. Il s'est marié religieusement le 25 janvier 1716 à Avril (Meurthe-et-Moselle) avec Jeanne MICHEL, fille de Pierre MICHEL (†1718) et Jeanne BAYL, d'où :
a) Pierre Alexandre André d'AMERMONT, né à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 1er décembre 1716.
b) Louis d'AMERMONT, né à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 13 mars 1719, y décédé le 25 décembre 1722.
c) Jeanne d'AMERMONT, née à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 10 avril 1722.
d) Nicolas d'AMERMONT, né à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 10 juillet 1725. Il s'est marié religieusement le 18 janvier 1750 à Avril (Meurthe-et-Moselle) avec Marie Catherine SPINGUE, fille de Jacques SPINGUE et Catherine NASSIER.

5) François d'AMERMONT, charbonnier, né à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 22 mars 1696. Il s'est marié religieusement le 13 mai 1721 à Trieux (Meurthe-et-Moselle) avec Marguerite GRANDJEAN, fille de Jean GRANDJEAN et Marguerite STORHAY, d'où :
a) Bernardin d'AMERMONT, né à Lommerange (Moselle) le 1er avril 1722.

6) Jeanne d'AMERMONT, décédée à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 29 juin 1700.

7) Marie d'AMERMONT, née à Avril (Meurthe-et-Moselle) le 29 octobre 1700, y décédée le 16 avril 1737.

SOUS-BRANCHE 2

III Dominique d'AMERMONT, décédé à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 31 décembre 1701. Il s'est uni en premières noces avec Madeleine NOIREL, d'où :

1) Probablement Jean d'AMERMONT, marié religieusement le 5 octobre 1694 à Tressange (Moselle) avec Marguerite DIEDRICH, fille de Jean Nicolas DIEDRICH, laboureur, échevin de Tressange en 1695 et Barbe HENRION, d'où :
a) Claude d'AMERMONT, né à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 12 avril 1696.
b) Barbe d'AMERMONT, née à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 30 septembre 1698. Elle s'est mariée religieusement le 16 avril 1731 à Tressange (Moselle) avec Jean François FOULLON, fils de Jean FOULLON et Elisabeth THIRY.

2) Jeanne d'AMERMONT, née à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) vers 1668, décédée à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 19 juillet 1707. Elle s'est mariée religieusement le 9 février 1698 à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) avec Louis VALANCON.

3) Pierre d'AMERMONT, né à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 1er juin 1674, y décédé le 16 avril 1707. Il s'est marié religieusement le 12 mai 1699 à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) avec Jeanne THIS, d'où :
a) Arnould d'AMERMONT, né à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 2 juin 1701.

4) Madeleine d'AMERMONT, née à Auboué (Meurthe-et-Moselle) le 15 juillet 1677, décédée à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 4 juin 1729. Elle s'est mariée religieusement le 15 septembre 1707 à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) avec Jean ANSMAND.

5) Barbe d'AMERMONT, née à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 3 août 1681.

6) Jean d'AMERMONT, né à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 30 juin 1685.

7) Madeleine d'AMERMONT, décédée à Joeuf (Meurthe-et-Moselle) le 8 janvier 1684.

Il s'est uni en secondes noces avec Anne JEANJEAN.


ARMOIRIES

Pour terminer, j'ai retrouvé des armoiries qui pourraient appartenir à cette famille, grâce au sceau de Jean d'AMERMONT, abbé de Villers-Bettnach de 1560 à 1570.




Sceau de l'abbaye de Villers-Bettnach et armoiries de Jean d'Amermont (1560)


Sources : 
- Mémoires de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain (Volume 46), Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, 1873, p 22-23.
- L'Austrasie (1853), Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, 1857.
- Archives départementales de la Moselle (actes notariés)

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