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GENEALOGIE DESCENDANTE DE LA FAMILLE DE JEANNE D'ARC : MA VERSION

samedi 21 novembre 2009

La maison de Jeanne d'ARC à Domrémy

Ce qui est intéressant dans la généalogie de la famille d'ARC du LYS, c'est que :
- d'un côté, de nombreuses familles se sont greffées à cette ascendance prestigieuse et l'ont fait reconnaître officiellement (par lettres patentes), alors que de nombreux doutes subsistent sur ces liens présumés,
- de l'autre, des familles, qui descendent véritablement de la famille d'ARC du LYS, sont passées dans l'oubli le plus total.


En étudiant l'histoire de la maison de Jeanne d'ARC, je me suis dit que j'allais retrouver des descendants de cette famille (connus ou non encore connus) qui l'auraient acquises par héritages successifs.

Peu de documents donnent des informations sur les possesseurs successifs de cette maison. L'historique que j'ai pu retrouvé est le suivant :

Jacques d'ARC et Isabelle ROMEE, parents de Jeanne d'ARC, furent les premiers propriétaires de la maison. Après la mort de Jacques d'ARC, Isabelle ROMEE habita la maisonnette jusque vers 1440. Elle partit ensuite vers Orléans avec son fils Pierre. Elle y mourut en 1458.


Charles du LYS, auteur d'un opuscule sur la famille d'ARC du LYS, donne ensuite les propriétaires successifs suivants :

" Elle dut ensuite être possédée par Jean du Lys, prevôt de Vaucouleurs, second frère de l'Héroïne, puisque Pierre, le plus jeune de la famille, s'établit près d'Orléans, ensuite par Claude du Lys, procureur fiscal des villages de Domremy et Greux, pour le Comte de Salm, par Etienne ou Thouvenin du Lys, par Claude du Lys, curé de Domremy et Greux, par Didier du Lys, petit-neveu de Jeanne, et par les descendans de Claude du Lys. C'est probablement de ces derniers que parle Montaigne, dans le Journal de son voyage de Domremy, en disant : "ils nous montrèrent les armes que le Roi leur avait données"."

Le second frère de Jehanne d'ARC étant, lui aussi, rapidement parti de Domrémy (il devient capitaine de Chartres et de Vermandois, puis prévôt de Vaucouleurs), je pense plutôt que la maison fut possédée par Jacquemin d'ARC (le seul frère de Jeanne à être resté à proximité de Domrémy), puis par Jeanne du LYS (qui épouse Jean X. dit "du LYS"), fille de Jacquemin d'ARC.

La maison passa par la suite au couple Claude du LYS / Nicole THIESSELIN (les armoiries "du Lys" et "Thiesselin" présentes au dessus de la porte d'entrée le prouvent). Claude du LYS, procureur fiscal de Greux et Domrémy, était le fils de Jean X. dit "du LYS".


Pour la petit histoire, la généalogie de la famille d'ARC du LYS est très difficile à établir car elle présente la particularité que certaines familles descendant de Jacques d'ARC prirent le nom ou le surnom "du LYS". Lorsqu'une alliance avec une nouvelle famille s'établissait, soit cette nouvelle famille conservait son nom d'origine, soit elle ajoutait le surnom "du LYS" afin de garder une trace de cette ascendance prestigieuse, soit elle prenait carrément le nom "du LYS" et ne laissait aucune trace de son nom d'origine. Cette particularité est a l'origine de nombreuses confusions et incertitudes du point de vue de l'établissement de la généalogie de la famille d'ARC.

Par exemple, concernant Claude du LYS, les généalogistes ont cru, en premier lieu, qu'il était un descendant en ligne masculine de Jacques d'ARC du LYS. Or, un document (enquête de 1551) démontre que Claude du LYS descend de Jacques d'ARC en ligne féminine : "Avoir lecit Jehan DALY, père dudict Claude DALY prins le surnom DALY à cause de ladicte Jehanne sa femme pour jouir et user des privilèges et tiltres de noblesse concédés à ladicte Jehanne La Pucelle pour les actes vertueux par elle aits au royaume de France".

La palme d'or en terme changement de noms revient à la famille GEORGE. Jean GEORGE, professeur à l'unversité de Pont-à-Mousson, fils de X. GEORGE et Nicole HORDAL, change progressivement de nom : il passe progressivement de Jean GEORGE à Jean GEORGE dit HORDAL, puis de Jean GEORGE dit HORDAL à Jean HORDAL, puis de Jean HORDAL à Jean HORDAL du LYS. Certains de ces fils franchiront encore une étape en passant de "HORDAL du LYS" à "du LYS". En terme de confusion et de maquillage d'ascendance, on ne fait pas mieux !!!!! (j'écrirais d'ailleurs un article particulier sur ce thème).

Bref, revenons à nos moutons ... Après Claude du LYS, procureur fiscal, c'est probablement Etienne ou Thouvenin du LYS, son frère, qui reprit la maison, suivi par son fils, Claude du LYS, curé de Greux et de Domrémy.

Puis vint Thomassin GUERIN, maître de Gerbonvaux, qui est cité dans le testament de Claude du LYS, curé de Domrémy, comme étant son cousin. Fait intéressant, les GUERIN n'ont jamais été identifiés comme descendant de la famille d'ARC du LYS. Or, ce Thomassin GUERIN est un cousin de Claude du LYS. De plus, il possède la maison de la Pucelle (par héritage ?). Enfin, il est maître de Gerbonvaux qui comprend la fameuse chapelle Notre-Dame-de-Bermont (symbole de la piété de Jeanne). Ne serait-il pas un descendant de la famille d'ARC? Je pense que c'est fort probable.

Ensuite, la maison revient au couple Thomassin FREMYNET / Jacqueline de L'ESPINE. Thomassin FREMYNET, receveur de Ruppes, est le neveu de Thomassin GUERIN. Il vendra la maison à Louise de STAINVILLE en 1586.


Document 1 : testament de Claude du Lys, curé de Greux et Domremy, du 8 novembre 1549.

« In nomine Dei, amen. Je Claude du Lys a present curé de Dompremy et Greux diocese de Toul, en nostre bon sens, propos, mémoire et vray entendement, scachant et congnoissant qu'il n'est chose sy certaine que de la mort mais moins certaine que l'heure d'icelle à tous humains, et affin que icelle heure ne me pregne imprevue et intestat, ordonnant des biens que Dieu m'ait prestez en ce mortel monde, tendant au salut de mon âme, fais et ordonne mon testament, devis, ordonnance et dernières volontez en la forme et manière que sensuyt.

Premièrement. Je rends mon âme à Dieu mon créateur qui lait faicte et racheptée de son très digne et précieulx sang, à la glorieuse Vierge Marie, sa très-doulce mère, à Mr saint Michel, archange, à Mr saint Remy, mon benoist patron, à MM. saint Pierre et saint Paul, apostres de Notre Seigneur, et généralement à tous les benoyctz saints et sainctes du Paradis, auxquels je prie très-dévotement qu'il la veuillent recepvoir et conduire en leu très-sainte et digne compagnie ès bienheurée mension, quand de mon corps partira.

Je veulx que mes dettes soient payées, mes forfaicts amandez et toutes restitutions claires, notoires et congnues, auxquelles je suis et pourray estre tenu, soient faictes, au resgard de notre mère l'Esglise et de mes exécuteurs cy après nommez.

Je esleus la sepulture de mon corps, quand l'âme sera séparée d'yceluy, en l'esglise Mr saint Remy de Dompremy, mon benoict patron, en la chappelle Notre-Dame, au lieu où reposent et gissent mes feus prédécesseurs curez et oncles, à laquelle je donne pour Dieu et ces aulmosnes dix franez pour l'entretenement d'icelle.

Item. Je donne à la fabrique Mr saint Remy de Dompremy cinq francz pour une fois.
Item, Je donne à la fabrique des trespassez audict Dompremy pour estre participantes ès bien faicts d'icelle, cinq francz.
Item. Je donne à la messe de Nostre-Dame dudict Dompremy pour l'entretenement des messes d'icelle, deux francz pour une fois.
Item. Je donne à la messe Mr saint Sébastien audict Dompremy pour l'augmentation d'icelle, deux francz.
Item. Je donne à la fabrique Mr Saint-Maurice de Greux, cinq francz pour une fois.
Item. Je donne à Nostre-Dame-de-Massey, deux francz pour une fois.
Item. Je donne à Nostre-Dame-de-Beauregard, six gros pour une fois.
Item. Je donne à Nostre-Dame-de-Beaumont, six gros pour une fois.
Item. Je donne à Nostre-Dame-de-Sauvoy, sept gros pour une fois.
Item. Je donne à la chapelle Notre-Dame-de-la-Pucelle, pour l'entretenement d'icelle, dix francz.
Item. Je donne à Mr Saint-Pierre de l'isle, six gros pour une fois.
Item. Je donne dix francz pour achepter demye faulchée de prez pour la chapelle Mr Saint-Jean-Baptiste fondée en l'église dudict Dompremy à l'intention de faire dire deulx messes haultes par chacun an, les vigilles des festes Mr Saint-Jehan, de Noël et d'Esté.
Item. Je donne à l'église Mr Saint-Hubert en Ardennes la somme de vingt écus soleil pour fonder une messe perpétuelle le jour de la feste Mr Saint-Claude.
Item. Je donne à l'église parrochialle de Saint-Pauldes-Prés six escus soleil pour prier Dieu pour mon âme.
Item. Je donne à la chapelle Saint-Jehan-des-Près dix francz pour une fois.
Item. Je donne à la fabrique Saint-Martin-d'Amanty sept escus soleil.
Item. Je donne à la chapelle Mr Saint-Nicolas-de-Taillancourt douze francz.
Item. Je donne à JEHANNE, ma niepce, le prix et somme de vingt francz, affin qu'elle prie Dieu pour mon âme.
Item. Je donne à FRANÇOISE, mon autre niepce, cent francz pour son mariage.
Item. Je donne à DIDON, mon autre niepce, six vingt francz pour son mariage.
Item. Je donne à BARBE, mon autre niepce, cent francz pour son mariage.
Item. Je donne à la petite NICOLLE, mon autre niepce, cent francz pour son mariage; afin qu'elles prient touttes Dieu pour le salut de ma pauvre âme, et de tous ceulx et celles que je suis tenu de prier.
Item. Je veux et ordonne que incontinent après mon trespas et le plus tôt que fère se pourra, soient dits et célébrez cinq services de messes, et à chascun seroient vingt-cinq prêtres, et le jour précédent de chascun service vigille des morts à neuf leçons, le tout en l'église dudict Dompremy où posera mon corps, et pour chascune desdictes basses messes je donne trois gros et les autres quatre gros à scavoir les hautes, et à chascun service distribution aux pauvres qui seront un pain, vallant chascun pain trois deniers.
Item. Je donne à chascun de mes nepveux pour les entretenir à l'escole chascun trente escus soleil, pour et afin qu'ils prient Dieu pour le salut de mon âme.
Item. Je donne à mon cousin, le maistre de Gerbonvaulx, trois francz pour une fois.
Item. Je donne à toutes les femmes vefves qui sont pauvres, au lieu de Dompremy, à chascune un gros pour une fois.
Item. Je donne à M. François Malhay, mon bon maistre, trois francz.
Item. Je donne à toutes les femmes vefves qui sont pauvres, au lieu de Dompremy, à chascune un gros pour une fois.
Item. Je donne à M. François Malhay, mon bon maistre, trois francz.
Item. Je donne à mon cousin, maistre Estienne Verteliq, trois franz.
Item. A messire Gerrard de Sorcey, mon cousin, trois francz pour prier Dieu pour mon âme.
Item. Je donne à maistre Barthelemy Lesculier, mon chappellain, cinq francz pour prier Dieu pour mon âme.
Item. Je donne à mon filleux, Claude le Comte, cinq francz, pour une fois, pour prier Dieu pour mon âme.
Item. Je donne à Claudine, ma filleule, fille de feu mon compaire Jehan Merchuier, cinq francz, afin qu'elle prie Dieu pour moi.
Item, Je donne à mon filleux, Jehan de Lesseville, un francz pour prier Dieu pour moi.
Item. Je donne à Estienne Regnaut et Thoinette sa femme cinq francz pour prier Dieu pour moi.

Je révoque, casse, etc., tout autre testament que je puis avoir fait du passé. »


Les exécuteurs testamentaires sont : François Hulot, cousin du testateur, et Mathieu Charpentier. Il leur donne pour cela dix francs. Il laisse à sa mère la jouissance de la rémanence de la succession.

Cette succession était ouverte le 15 mai 1550, par la mort du testateur, ainsi qu'il résulte du certificat du notaire à cette date. Signé : BOLETI.


Document 2 : acquisition de la maison dite de la Pucelle, par Louise de Stainville en 1586.
(Archives départementales à Nancy, Layette Ruppes II),

"A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront,

M. Jehan Gillot lizensiez ès droictz, prévost de Gondrecourt, garde du scel de ladiecte prévosté, salut. Sçavoir faisons que par devant Jehan Bernard et Guillaume Gerrardin, notaire jurez et estably ad ce faire audict Gondrecourt et ressort d'illec de par Son Altesse, en présence et par devant lesdicts notaires, sont comparus en leurs personnes honorables hommes Thomassin Fremynet, jadict recepveur de Ruppes, et demoiselle Jacquelline de Lespinne, sa femme, demeurant audict Ruppes, ladicte Jacquelline licensez et octorisée dudict Fremynet, son mary, pour passer et contracter ledict présent vendage cy après déclairez, laquelle license elle a receu et prins pour aggréable, lesquieuls ont vollontiers recongnus, de leurs plain grez, pure, franche et libéralle voullonté, sans force ny séduction aulcunes, avoir vendu, ceddé, quicté, remis et transpourté pour tousjours, et par ces présentes vendent, ceddent, quictent, remectent et transportent et promectent conduire et guarantir de tous troubles et empêchement quelconques à haulte et puissante dame Madame Louyse de Stainville, comtesse de Salin, dame dudict Stainville, douairire de Ruppes, présente, stippulante, acquérante et acceptante, pour elle, ses hoirs, successeurs et ayans cause, sçavoir: une maison bastie en chambre bas et haulte, deux greniers dessus lesdites chambres, deux petites corselles devant icelles maison avec unq petit vollier, ensemble les usuaires d'icelle de tous costés, et comme le tout se contient, sans en rien retenir. Et icelle maison dict et appelle vulgairement la maison de la Pucelle, assize au village de Dompremy sur Meuze, proche l'église dudict lieu, la cemetire, d'une part, et Nicolas Noblesse, mayeur dudict lieu, et Didière, vefve de feu Demenge Musnier, d'aultre part; icelle maison venue de feu messire Thomassin Guérin, vivant maire de Gerbauvaulx et recepveur dudict Ruppes, oncle dudict Fremynet, et à luy escheu par le decez d'icelluy; au reste, franche et quicte de touttes servitudes, obligations, ypotecques quelconques. Et est faict icelluy vendage pour le pris et somme de cinq cens frans, monnoie barrois, que iceulx vendeurs ont congnus avoir euz reçus manuellement contant de madicte dame avant la passation des présentes, dont ilz s'en sont tenus pour contant et bien payez, de grez à grez, d'icelle, et ont quictez et quictent madicte dame, sans ce qu'elle luy soit besoing avoir aultre quictance, fors ces présentes. Promectans lesdicts vendeurs, par leurs foydz et serment de leurs corps, pour ce donnez corporellement ès mains desdicts jurez, ce présent vendage tenir, entretenir, garder, conduyre, garantir et deffendre à madicte dame acquêtresse, ses hoirs, successeurs et ayans cause, contre et envers tous, jusques à droict, sur peines de tous despens, dommage et interrestz. Obligent lesdicts vendeurs, à cest effect, ès mains de madicte dame, tous et ung chacuns leurs aultres biens, meubles et héritages, ceulx de leurs hoirs, présent et advenir par tous où ilz soient, s'en submectant ès juridictions, forces et contraincte de Sadicte Altesse et de tous aultres, tant spirituels que temporels, comme pour choses congnue et adjugée en droictz; renonceant à tout ce entièrement que, en ce faict, les pouroit ayder au contrere des présentes et au droict disant général renonciation non valloir, sy la spécialité ne précède. En tesmoing de vérité, nous garde susdict, à la rellation desdictz jurez de leurs seingz mannuelz mis à ces présentes, avons icelles scellées du scel de ladicte prévosté et de nostre propre contre-scel, saulf tous droict.
 
Faict et passez audict Ruppes, avant midy, le quinzeiesme jour du mois de febvrier mil cinq cens quatres vingt et six. Et a ledict Fremynet, vendeur déclarez ne pouvoir signer pour estre présentement détenu et persécuté des goutes ès doigtz des mains.

GERARDIN.
BERNARD"
.
 
Toutes les informations récoltées au cours de mes recherches sur la famille d'ARC du LYS se trouvent dans la rubrique Preuves de mon site dédié arc-du-lys.blogspot.com.

mercredi 18 novembre 2009

Notice biographique sur M. Edouard Jaunez


En faisant mes recherches généalogiques, il m'arrive de tomber sur des notices nécrologiques ou biographiques de personnes notables liées aux familles que j'étudie. J'aime les publier car elles font revivre, l'espace d'un instant, des personnes qui ont marqué l'histoire d'un village, d'une ville, etc ... C'est le cas d'Edouard JAUNEZ, maire de Metz de 1850 à 1854, qui était membre d'une grande famille d'entrepreneurs en constructions.


NOTICE SUR M. EDOUARD JAUNEZ

Géomètre en chef du Cadastre du Départementde la Moselle, Ancien Maire de Metz, Membre du Conseil général et du Conseil municipal, Chevalier de la Légion-d'Honneur, etc...

par H. de SAULIERE

M. JAUNEZ (Edouard) est né le 6 mai 1795, à Metz (Moselle), d'une famille originaire de cette ville, où elle est honorablement connue.

Son aïeul, orphelin dès sa plus tendre jeunesse, créa lui-même sa carrière, et comme entrepreneur des constructions de la ville de Metz, il éleva plusieurs édifices importants. Sa famille fut nombreuse et prospéra.

Trois de ses fils furent architectes : l'aîné se fixa à Paris, et fut l'un des architectes qui, au commencement du siècle, furent admis à présenter des projets au gouvernement de l'Empereur Napoléon Ier, pour l'achèvement du Louvre.

Un second fils, Pierre Jaunez, fut l'ingénieur de la ville de Metz pendant de longues années.

Le plus jeune de ses fils, Pierre-Sylvestre Jaunez, père de M. Edouard Jaunez, ancien maire de Metz, se destinait également à l'architecture; mais sa carrière fut interrompue par la révolution. Attaché comme constructeur, à l'armée de Sambre-et-Meuse pendant quelques années, il revint ensuite se fixer dans sa ville natale, et, en 1807, il fut nommé géomètre en chef du cadastre du département de la Moselle, fonctions qu'il conserva jusqu'en 1825. Il avait alors soixante-dix ans ; et bien que sa vie fut laborieuse, il avait, à cet âge avancé , conservé toutes ses facultés, et doué d'une grande énergie, il se livra de nouveau, par goût, à l'architecture.

Parmi les maisons particulières et les édifices publics élevés d'après ses dessins et sous sa direction, nous citerons le Grand-Marché couvert et une partie des maisons qui décorent la place de la cathédrale. Il mourut en 1844, à l'âge de quatre-vingt-neuf ans, emportant avec lui l'estime et les rgrets de tous ses concitoyens.

Edouard JAUNEZ, fils du précédent, fit ses études au lycée de Metz. Destiné à suivre la carrière de son père, il tourna ses études plus spécialement vers les mathématiques et les sciences exactes. Après avoir occupé successivement les différents emplois de la carrière à laquelle il se destinait, il fut nommé, en 1825, aux fonctions de géomètre en chef du cadastre du département de la Moselle, en remplacement de son honorable père. Dans cette position, M. Edouard Jaunez fit preuve d'un zèle infatigable et d'une habileté consommée.

Telle était l'opinion qu'il avait inspirée à ses concitoyens par l'élévation de son esprit et de son caractère, qu'en 1846 il fut nommé, d'après leurs suffrages, membre du Conseil municipal, et en 1850 (2 juin), désigné comme maire provisoire de Metz.

A cette époque, l'administration municipale était devenue difficile, et les fonctions de maire peu recherchées; il avait fallu confier cette administration, tour à tour à des membres du conseil; c'est ainsi qu'en 1850, M. Jaunez devint maire provisoire ; mais cette succession de pouvoir, à courts intervalles, était préjudiciable aux intérêts de la commune, et en citoyen dévoué, l'honorable M. Jaunez crut devoir rester pendant quatre années consécutives premier magistrat de sa ville natale (le 24 juillet 1852, il avait été nommé maire titulaire).

Metz est une cité importante, dont l'édilité doit être exercée avec tact et discernement : M. Jaunez comprit la mission qui lui était dévolue, et il s'en acquitta de manière a justifier à la fois la confiance du gouvernement et les espérances de ses administrés. Tout ce qui pouvait concourir à l'assainissement, à l'embellissement de la cité populeuse dont il était le premier magistrat, fut étudié par lui avec sollicitude et intelligence, et divers travaux d'utilité publique ont été commencés ou achevés sous son administration. En récompense de ses efforts, de ses services, de sa courageuse fermeté dans les jours qui suivirent le coup d'Etat du 2 décembre, le Président de la république le décora de l'ordre de la Légion-d'Honneur. Le décret (4 janvier 1852) qui l'en instituait chevalier, était conçu dans les termes les plus flatteurs pour celui qu'il concernait.

M. Jaunez, qui a cessé d'être maire le 15 juillet 1854, avait été appelé en 1852 au renouvellement intégral, sous l'empire du suffrage universel, au Conseil général de la Moselle où il siége encore aujourd'hui, de même qu'au conseil municipal continuant ainsi à prendre toujours part, aux intérêts de sa ville natale.
 
Source : extrait du biographe et de l'historien, troisième volume, deuxième partie, 1856.

mardi 17 novembre 2009

Le général baron d'Empire Louis ALMERAS (1768-1828)


Portrait du baron Louis Alméras (source : gallica.bnf.fr)

Hommage au baron Alméras

Nous avons annoncé la mort du lieutenant-général Alméras et les honneurs rendus à sa dépouille mortelle. L’un de ses pères d’armes les plus distingués et son intime ami, M. le lieutenant-général Lamarque, vient d’adresser au Mémorial Bordelais la lettre suivante :

Monsieur le rédacteur,

Un militaire distingué vient de succomber dans vos murs et aucun discours ne s’est fait entendre sur sa tombe. Il y est descendu comme si aucun exploit n’avait marqué sa carrière ; comme s’il n’eut rendu aucun service à sa patrie, comme si sa perte n’était pas une perte pour l’Etat !

Permettez-moi de le venger d’un oubli qui ressemble à de l’ingratitude. Comme les héros d’Ossian, les braves qui ne vécurent que pour la gloire, attendent de leurs amis « la pierre de souvenir ». C’est un ami du général Alméras, c’est un de ses compagnons d’armes qui vient payer ce tribut à sa mémoire.

Dès le premier moment de la révolution, Alméras s’élança du foyer paternel pour défendre son pays. Né aux pieds des Alpes, c’est sur les Alpes qu’il livra ses premiers combats.

A la tête seulement de deux cents hommes, il est enveloppé, en 1794, par quinze cents Piémontais. C’était l’époque des miracles. Le jeune capitaine dispersa les quinze cents Piémontais et demeura maître du champs de bataille.

Plusieurs autres actions brillantes marquèrent le début de sa carrière et il devint adjudant général dans ces immortelles campagnes d’Italie, où tous les combattants se montraient des héros.

Quand, après la paix de Campo-formio, Bonaparte emmena en Orient l’élite des nos armées, Alméras fit partie de cette glorieuse expédition et il s’attacha à Klébert ?

Il semble qu’il ne pouvait avoir aucune analogie entre ce « Kléber », qui au milieu de nos bataillons « levait sa tête comme un drapeau », et Alméras, à qui la nature avait à peine donné les cinq pieds un pouce d’un voltigeur ; mais l’energie ne se mesure pas à la taille. Leurs âmes avaient la même hauteur.

Le petit Alméras tenait tête au grand Klébert, il ne lui cédait jamais quand il croyait avoir raison, et plus d’une fois, l’Etat-Major fut témoin de discussions qui, dans une circonstance moins douloureuse, pourraient amuser vos lecteurs. Tout ce qui approchait Klébert était grave comme lui.

Alméras se distingua à l’assaut d’Alexandrie, à Aboukir, à Boulac, où il fut grièvement blessé, à cette fameuse bataille d’Héliopolis, où cent mille Osmanlis furent dispersés par moins de dix mille français. On évacua l’Egypte.

Le chef du gouvernement, qui croyait avoir des raisons de se plaindre de Klébert, laissa pendant quatre ans Alméras commandant de l’île d’Elbe, de cette île où il ne prévoyait pas alors qu’il vint pour chercher un asile.

L’empereur ne brisait jamais les instruments de sa gloire ; seulement il les mettait quelquefois « sous la remise » (c’est son expression ). En 1809, Alméras quitta le commandement de l’île d’Elbe, pour venir commander une brigade dans l’armée d’Italie. C’est alors qu’il fut attaché à la brave division qui marchait sous mes ordres ; c’est alors que l’estime et l’amitié nous réunirent d’un lien que la mort n’a pu rompre. Franc, loyal, exécutant ponctuellement les ordres, Alméras se faisait aimé de ses chefs et de ses subordonnés. Son humeur tour à tour morose et gaie, ses … brusques et piquantes rompaient la monotonie des bivouacs et amenaient la joie sur le champ de bataille.

Lettres patentes du titre de baron

Au combat de Villamova, sur les bords de cet … jadis témoin des sanglantes journées d’Arcole, il eut deux chevaux tués sous lui. Embarrassé dans ses étriers, il nous faisait rire par ses efforts et le désordre de sa toilette.

« Ah ! mon prince, cela vous amuse, dit-il au vice-roi ; Ah ! bien cela m’ennuie beaucoup ! ».

Il se distingua sur les nombreux combats qui nous amenèrent des bords de l’Adige sur les bords du Danube, aux batailles de Piave, d’Enzensdorfs, de Wagram, où il reçut une blessure grave. A peine guéri, il courut escalader les rochers du Tyrol, où une insurrection venait d’éclater.

La guerre succédait à la guerre. Comme la Briarée de la fable, la redoutable France, avec ses cents bras frappait à la fois au nord et au midi. Celui qui naguère foulait les sables d’Afrique, qui avait longtemps bivaqué sur les bords du Nil, alla combattre dans les contrées .. du pâle, et traverser les gloires du Boristhène et de la Bérésina.

Alméras cueillit de nouveaux lauriers dans cette campagne qui laissera de longs souvenirs. C’est lui qui commandait la brigade qui attaqua la seconde fois la fameuse … de Borodino, où tant de sang fut répandu, où périrent Caulaincourt et l’intrépide Montbrun. Il y fut grièvement blessé, et l’Empereur l’éleva enfin au grade de général de division qu’il avait mérité par tant de travaux, conquis par tant de services.

Armoiries du baron Louis Alméras

Fait prisonnier dans la retraite, confiné dans un village voisin de la Crimée, il ne prit point part aux funestes campagnes qui amenèrent nos ennemis dans le sein de notre patrie ; son cœur éminemment français n’en éprouva pas moins toutes les émotions. Il ne pouvait lire que les bulletins des alliés, mais il étudiait les figures des seigneurs russes qui exerçaient envers les prisonniers la plus généreuse hospitalité, et plus d’une fois il espéra que la victoire briserait ses fers.

C’est à la restauration qu’il dut de revoir sa patrie. Il avait besoin de repos, il rentra au sein de ses foyers domestiques qu’il n’avait pas revus depuis son enfance. Il y passa les jours d’orage de 1815, de 1816, et dut à monseigneur le Dauphin, qui l’accueillit à Lyon avec une extrême bonté, d’être remis en activité. Le général Alméras voulait le suivre en Espagne mais le prince lui confia le commandement alors si important de Bordeaux, de Bordeaux qui devait habiter l’objet de ses plus … affections.

Personne n’était moins courtisan que le commandant de la 11ème division ; mais sans âpreté, sa rudesse, cachaient un esprit fin et cultivé, une érudition vaste et profonde, un cœur plein de sentiments nobles et généreux. Ces belles qualités se faisaient jour à travers l’écorce épaisse qui les dérobait aux yeux du vulgaire.

Une fois, devant son Altesse Royale, il s’emportait avec véhémence contre un fonctionnaire civil qui se faisait l’écho d’accusations calomnieuses contre un des frères d’armes : « c’est bien général », furent sa récompense.

Portrait du baron Louis Alméras (source : gallica.bnf.fr)

Le général Alméras s’était beaucoup attaché à Bordeaux. Il voyait avec joie les embellissements de cette cité ; il aimait le caractère indépendant de ses habitants, et se plaisait à leur rendre justice auprès de l’autorité suprême. S’il se montrait quelquefois difficile, exigent, méticuleux, ce n’était que lorsqu’il s’agissait … de son rang ; car dans les relations privées personne n’était plus simple que lui. Il est mort jeune encore ; c’est le 23ème lieutenant général que perd la France dans le courant d’une année ! La guerre nous était moins funeste que la paix. Bientôt il ne restera plus de cette génération de braves qui conservèrent l’intégrité de notre belle France, qui vainquirent l’Europe et étonnèrent le monde. Puisse leur mémoire leur survivre et leurs exemples ne pas être perdu.

J’ai l’honneur, M. le rédacteur, de vous saluer avec la plus parfaite considération.
Le lieutenant Max Lamarque,
Saint-Sever, la 14 janvier 1828.

Source : le moniteur universel, n°21, lundi 21 janvier 1828, p 83 et 84, lettre du lieutenant-général Lamarque.

lundi 16 novembre 2009

Jean Vesque de Puttelange : un compositeur autrichien originaire de Lorraine


Famille VESQUE de Puttelange

La généalogie de la famille Vesque est intéressante. En effet, au départ d'origine modeste (les deux premières générations connues, François Vesque/Catherine Budlinger et Nicolas Vesque/Anne-Marie Mathis, sont des laboureurs de Guénange en Lorraine), cette famille a connue une ascension sociale constante au fur et à mesure des générations. Elle finit par rejoindre les rangs de la noblesse et fut consacrée par un titre de baron en la personne du compositeur Jean VESQUE de PUTTELANGE.

Les premières générations de la famille Vesque

François VESQUE fut père de Nicolas, lequel, marié à Uckange (Moselle) le 10 juillet 1706 à Anne-Marie MATHIS, eut pour fils Jean.

Ce dernier, intéressé dans les fermes du Roi à Thionville (Moselle), fut amodiateur de la seigneurie de Puttelange (Puttelange-lès-Rodemack, Moselle) avant d’en faire l’acquisition en 1736. Marié à Guénange le 4 mai 1729 à Marie-Catherine TRAITEUR, il laissa plusieurs enfants, notamment Jean, auteur de la lignée dont il est ici question.

Jean VESQUE père mourut à Stadtbrédimus (Luxembourg) le 23 octobre 1784. Fils aîné de Jean et de Marie-Catherine TRAITEUR, il fut inspecteur général des domaines de l’évêché de Metz puis, en 1760, il rejoignit le prince Charles-Alexandre de LORRAINE à Bruxelles où il eut un emploi d’inspecteur des loteries impériales. En 1775, il était dit « chargé du détail du régiment de Los Rios infanterie pour le service de S. M. la reine de Hongrie ». Il épousa à Commercy (Meuse) le 5 février 1760 Marie-Cécile ROQUILLY dont il eut un fils Jean.

Jean VESQUE

Né à Bruxelles le 12 novembre 1760, il reçut sa première éducation à Commercy (Meuse), patrie de sa mère, puis il fréquenta les facultés de philosophie et de droit de l’université de Louvain (B, Brabant). En 1787, il entra au service du gouvernement à Bruxelles où il fit partie de la commission chargée de la réforme des affaires ecclésiastiques.

Lors de la révolution brabançonne, il se réfugia à Luxembourg puis retourna à Bruxelles où, entre autres fonctions, il remplit celle de censeur des théâtres. Official à la secrétairerie d’Etat et à la guerre, il reçut le titre de secrétaire impérial et royal. A la retraite du gouvernement autrichien devant l’invasion des Français, VESQUE fut chargé du transport des archives de Bruxelles à Düsseldorf, en passant par la Hollande, puis il se rendit à Prague.

En attendant que les fonctionnaires venant des Pays-Bas puissent s’établir à Vienne, VESQUE fit de longs voyages d’études en Suisse, en Italie et en Autriche et trouva enfin un emploi de lecteur auprès de la princesse Lubomirska au château d’Opole, en Silésie. Après la paix de Campoformio, VESQUE fit partie des « individus belges qui ont déclaré vouloir rester sujets autrichiens » et, à ce titre, il fut considéré comme émigré et ses derniers biens en Lorraine, au département des Forêts (Luxembourg) et en Belgique furent séquestrés. Il fut en revanche récompensé pour son attachement aux Habsbourg car il fut nommé successivement conservateur en chef de la bibliothèque impériale et des collections artistiques et naturelles réparties dans les châteaux de la Couronne.

Lors de l’invasion française en Autriche, il fut chargé de négociations avec les vainqueurs. De 1814 à 1816, il fut attaché à la personne de l’archiduc Charles lors de ses voyages à Paris, à Milan et à Venise. En sa qualité de chef du Trésor impérial, VESQUE figure sur le tableau représentant le couronnement en 1816 de l’impératrice Charlotte-Augusta, troisième épouse de l’empereur François II. Il mourut à Vienne le 1er mars 1829, laissant le souvenir d’un fonctionnaire consciencieux.

Il fut également un érudit d’une activité féconde qui occupa une place dans les Lettres et qui publia de nombreux travaux d’ordre politique, littéraire, poétique, artistique et archéologique. Pendant son séjour à Prague, Jean VESQUE épousa Thérèse LEENHEER van SLEEWS, d’une famille noble de Bruxelles, également émigrée. Il fut père de deux fils, Jean et Charles.

Jean VESQUE de PUTTELANGE dit HOVEN

Né à Opole (Silésie) le 23 juillet 1803, il vint avec son père à Vienne. Il manifesta très tôt des dons pour la musique et la peinture que ses parents firent cultiver en lui donnant des maîtres. Cependant, destiné à la carrière administrative, il poursuivit ses études à l’université de Vienne dès 1822 et ne consacra qu’une partie de ses loisirs aux arts.

Promu docteur en droit en 1827, il publia plusieurs ouvrages de jurisprudence qui le firent remarquer et lui permirent d’obtenir l’emploi de conseiller ordinaire à la chancellerie privée de la Cour et de l’Etat. A ce titre, il fut à plusieurs reprises chargé d’importantes missions à l’étranger. Mais, dès 1830, il décida de se consacrer à la musique tout en poursuivant sa carrière de fonctionnaire. C’est ainsi qu’il fit connaissance des compositeurs VOGL et SCHUBERT et du violoniste PAGANINI. En 1832, il entreprit l’étude du contrepoint avec SECHTER. Il profita enfin d’un voyage diplomatique à Paris pour s’initier à la vie théâtrale. Il décida alors de se produire en public comme chanteur et comme compositeur. Sous le pseudonyme d’HOVEN, il fut l’auteur de sonates, de rondos, de variations pour piano, d’ouvertures de concert et d’un très grand nombre de Lieder publiés sous le titre Die Heimkehr. On a aussi de lui des quatuors pour quatre voix d’hommes. Son premier opéra, Turandot, fut représenté en 1838 à Vienne et à Berlin. Un nouvel opéra, Jeanne d’Arc, fut donné à Vienne en 1841, à Dresde et à Berlin en 1845.

En mission à Leipzig en 1843, il fréquenta MENDELSSOHN, SCHUMANN et HILLER puis, lors des fêtes organisées en l’honneur de BEETHOVEN à Bonn, il entra en relation intime avec LISZT, BERLIOZ, MAYERBEER, NICOLAI et LOEWE. Encouragé par ses succès, il fit représenter de nouveaux opéras à Vienne, notamment Liebeszauber (Les enchantements de l’Amour) en 1846, Catherine de Heilbronn, et Le château de Thaya, en 1847. Il fit également exécuter à la chapelle impériale de Vienne en 1846 une messe solennelle en ré.

Jean VESQUE de PUTTELANGE obtint l’indigénat au royaume de Hongrie le 16 décembre 1841, diplôme qui équivaut à la noblesse, puis, le 6 août 1866, il se vit conférer le titre de baron avec règlement d’armoiries. Devenu chef de section au ministère des affaires étrangères, il mit fin à sa carrière de fonctionnaire après quarante-cinq ans de services. Enfin, en 1879, il obtint le titre de conseiller privé. Il mourut à Vienne le 29 octobre 1883. Marié en 1832 à Marie Markus von Eör, il laissa un fils qui était, avant 1914, attaché militaire à l’ambassade d’Autriche à Paris.


Ses armoiries étaient :
d’azur à trois pals aiguisés d’argent, au chef d’or chargé de trois croix potencées de gueules.
Cimiers :
1. Un bras armé brandissant un sabre, lambrequins d’argent et d’azur ;
2. Trois plumes d’autruche, une d’argent entre deux d’azur, lambrequins d’argent et d’azur ;
3. Un cygne d’argent au vol levé, lambrequins d’or et de gueules.
Supports : deux lions d’or.


Charles VESQUE

Frère du précédent, né le 4 avril 1804, il montra très tôt des dispositions pour la peinture. Elève de FENDI puis de WALDMULLER et d’AMERLIND, il s’attacha enfin à SCHWING dont il suivit le genre. En 1836, il figura pour la première fois à l’exposition de l’Académie des Beaux-arts avec L’enfant mourant et un portrait.

En 1839, il présenta Goldschmiedts Töchterlein inspiré de la poésie d’UHLAND. En 1841, ce fut L’évêque Kolonits recueille les enfants chrétiens abandonnés au camp des Turcs après la levée du siège de Vienne en 1683 puis suivirent Francesca de Rimini, d’après DANTE, en 1842, et Griseldis repoussée par Parcifal.

En 1844, il composa un carton intitulé La mort du Tasse. Souffrant, il abandonna la peinture à l’huile pour ne plus traiter que l’aquarelle. Il mourut en 1858, sans laisser de postérité.

Source : Les Lorrains de l'Empire, de Alain Petiot.

dimanche 15 novembre 2009

Jeanne d'Arc portait-elle des armoiries ?


Les armoiries de Jeanne d’ARC sont données par Charles VII le 2 juin 1429 comme le prouve un manuscrit de la bibliothèque nationale dont la teneur est la suivante :

« De la Pucelle Jehanne
Le ijème jour de jung m.iiije xxix le dit Seigneur roy ayent congneu les proesses de Jehanne la Pucelle et Victoires du don de Dieu et son conseil intervenues donna estant en la ville de Chinon armoyries a la dite Jehanne pour son estandart et soy decorer du patron qui sensuict donnant charge au duc Dallenson et a icelle Jehanne du siege de Jargueau ».
(manuscrit de la bibliothèque nationale, fonds français, n° 5524).


Les armoiries de Jeanne d’ARC apparaissent de nouveau, en 1451, dans une enluminure (manuscrit de la bibliothèque nationale, ms. fr. 12476, f° 10 v°) :


Ce qui est surprenant, c’est que, lors de son procès de 1431, Jeanne d’ARC nia avoir porté des armoiries :

« Maître Jean de la Fontaine : Aviez-vous point écu et armes ?
Jeanne : Non, jamais. Mais le roi donna des armes à mes frères : un écu d’azur, avec deux fleurs de lis d’or et une épée par le milieu ; et en cette ville, ce sont ces armes-là que j’ai décrites à un peintre qui m’avait demandé quelles armes j’avais. Ce fut donné par le roi à mes frères pour leur plaisir, sans requête de ma part, et sans révélation ».
(procès de condamnation de Jeanne d’Arc, Raymond Ourcel, p 95).

Par contre, elle revendiqua avoir porté un étendard :

« Maître Jean de la Fontaine : L’étendard que vous portiez, était-ce celui où était peint le monde, avec les anges, et caetera … ?
Jeanne : Oui, je n’en eu jamais qu’un.
Maître Jean de la Fontaine : Qu’est ce que cela voulait dire, de peindre Dieu tenant le monde et ses deux anges ?
Jeanne : Sainte Catherine et Sainte Marguerite me dire de le prendre, de le porter hardiment, et d’y faire mettre en peinture le roi du ciel. Je le dis bien à mon roi, mais très à contre-cœur. Ce que ça signifie, je n’en sais rien ».
(procès de condamnation de Jeanne d’Arc, Raymond Ourcel, p 95).

C'est pô bien !!!!!


Parfois, il m'arrive, au cours de mes recherches, de tomber sur des anecdotes amusantes concernant mes ancêtres, comme, par exemple, ce jugement rendu le 1er mars 1854 à la Cour Impériale de Metz.

Il concerne Léon PONCELET, fils de Jean-Pierre Auguste PONCELET, maire de Semécourt. Celui-ci  se fait réprimander par la justice pour être allé chasser sur plusieurs terrains privés de Semécourt.

Autre fait insolite, le président de la Cour de justice, Edouard SEROT, qui condamna Léon PONCELET à cette époque, est aussi un de mes ancêtres (une de ses petites filles épousera d'ailleurs un petit neveu dudit Léon).

J'ai retranscrit ci-dessous l'acte de jugement de 1854 :

LA COUR;

Attendu que Léon PONCELET el Eugène POLTI ont été trouvés, le 16 oct. 1853, chassant sur le territoire de la commune de Semécourt, d'abord, vers deux heures et demie après midi, dans une vigne appartenant au sieur Dominique DENIS, lequel en a loué la chasse au sieur CUSSEY, propriétaire audit lieu, puis une heure plus tard, dans une autre vigne appartenant audit sieur CUSSEY;

Que ce double fait de chasse a élé constaté par François BOUDOT, garde particulier dudit sieur CUSSEY dans un procès-verbal en date du même jour, 16 octobre, enregistré le 18 du même mois;

Qu'à la suite de ce procès-verbal, citation a été donnée à la requête de CUSSEY, le 11 janv. 1854, aux inculpés Léon PONCELET et Eugène POLTI, et à Pierre-Auguste PONCELET comme civilement responsable des actes de son fils mineur;

Que cette citation porte sur les deux faits de chasse commis successivement, dans l'après midi du 16 octobre, sur le terrain du sieur DENIS et sur celui de CUSSEY;

Qu'enfin, le jugement correctionnel du 30 janvier dernier, dont les inculpés se sont rendus appelants, déclare Léon PONCELET et Eugène POLTI coupables des deux délits de chasse ci-dessus spécifiés et prononce contre chacun d'eux une condamnation pour réparation desdits délits;

Attendu que les premiers juges ont bien apprécié les faits ;

Qu'en effet, en ce qui concerne le fait de chasse commis sur le terrain appartenant à Dominique Denis, ce dernier avait cédé à CUSSEY le droit de chasse sur ledit terrain par bail sous seing privé, en date du 20 juill. 1853, lequel acte contient cession du même droit à CUSSEY, de la part de trente-six autres propriétaires domiciliés à Semécourt, ou dans les communes voisines;

Qu'en vain dirait-on que ce bail ayant été enregistré seulement le 18 oct. 1853 (jour de l'enregistrement du procès-verbal du garde BOUDOT), n'avait pas une date certaine antérieure à celle de ce procès-verbal, qui a été dressé le 16; que, par conséquent, la location du droit de chasse sur le terrain de Dominique DENIS n'étant pas, au moment où le fait de chasse a eu lieu, judiciairement établie au profit de CUSSEY, celui-ci n'a pu valablement poursuivre les inculpés à raison dudil fait;

Attendu qu'il faut reconnaître que la loi du 3 mai 1844, accordant à tout propriétaire la faculté d'autoriser des tiers à chasser sur son terrain, a nécessairement admis qu'à cette permission gratuite pourrait être substituée une permission moyennant un prix et pour un temps déterminés; mais que la validité des permissions ou locations de cette nature n'est soumise par la loi à l'observation d'aucune forme particulière; que si, dans certains cas, il importe que le bail du droit de chasse soit constaté d'après les règles du droit commun, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit autrement, quand d'ailleurs l'existence du bail résulle suffisamment des circonstances, et se trouve prouvée de manière à former la conviction des magistrats;

Attendu qu'au cas particulier, le bail, en date du 20 juill. 1853, enregistré le 18 octobre suivant, n'est dénié par aucun des propriétaires qui l'out consenti au profil de CUSSEY; que ce bail présente tous les caractères de vérité et sincérité nécessaires pour lui faire attribuer une date antérieure au jour du délit; qu'il faut par conséquent tenir pour constant que, le 16 oct. 1853, les inculpés ont chassé, sans la permission de CUSSEY, dans un terrain sur lequel ce dernier avait, en vertu dudit bail, un droil exclusif de bail; etc.

Par ces motifs, statuant sur l'appel des inculpés, confirme, etc.

Du 1er mars 1854 .- Cour imp. de Metz .- Ch. CORR .- Prés., M. SEROT.—Concl., M. MOISSON, av. gén.—Pl., M. LENEVEUX.

Source : Pasicrisie, ou, Recueil général de la jurisprudence des cours de France et de Belgique en matière civile, commerciale, criminelle, de droit public et administratif, Meline, Cans et Comp., 1856, p 21.